Requin Baleine et Hopital : du 18 au 21 juin

Par Manu pour les Nems.

Après avoir fini notre nuit sur le bateau à quai, nous voici à Gorontalo : la principale ville du Centre Nord de Sulawesi. Je pose le pied sur le quai et ressens une douleur à la cheville, mais bon, ça va passer…Nous posons nos sacs chez Harry et Mimin, une famille accueillante : Mimin est chaleureuse et toujours prête à rendre service pendant que son neveu guitariste, qui a repéré notre accent français, entonne «Jean Petit qui danse!». J’examine ma cheville douloureuse et l’exhibe à Nolwenn :

  • regardes, là, c’est gonflé, non?
  • Peut-être un peu, mon pôôôôôvre chéri!

Devant ce peu de compassion, je remballe ma douleur ; d’autant plus que je ne me suis pas tordu la cheville et n’ai pas subi non plus de morsure. Sûrement la fatigue d’une nuit trop courte, ou la chaleur écrasante dès le matin.

Gorontalo n’est souvent, qu’une ville de transit, mais à 10 kilomètres existe un lieu où on peut aller à la rencontre des requins-baleines : le plus gros poisson (4 à 15 mètres) peuplant les océans terrestres. Nous voici dans l’eau, équipés de masques et tubas à quelques mètres seulement du rivage, entourés de 3 bateaux mûs par des rameurs. Nous nageons à la recherche des animaux, vu leur taille, s’il y en a un qui se pointe, on ne devrait pas le louper! Tout à coup, remontant des profondeurs, une forme noire se rapproche, mais c’est énorme! Le poisson passe à quelques mètres de moi et se dirige vers Nolwenn et Elise. Je remonte, Nolwenn m’interpelle «tu as vu quelquechose?» ; je cache mon excitation et lui fait signe de s’immerger…elle se retrouve à quelques dizaines de centimètres face à la gueule de l’animal. La bouche doit mesurer 90 cm de large. Impressionnant. Puis le requin baleine poursuit son chemin, évitant d’une douce ondulation de toucher nos petits corps immergés. La peau noire du poisson est constellée de petits points blancs, sorte de voûte céleste propre à chaque animal.

requin baleine

Le moment est magique : observer ce spécimen (6 mètres de long) si gracieux est un privilège rare, mais au moment de repartir, nous sommes partagés : si le centre utilise des rames et a proscrit les moteurs pour préserver les animaux, force est de constater que les rameurs déversent quantités de nourriture pour attirer les requins-baleines, risquant ainsi de perturber le cycle migratoire d’une espèce menacée.

C’est sur ces questions éthiques dont nous débattons en famille que nous regagnons notre logis. Le volume de ma cheville a encore augmenté, mais bon, avec quelques médicaments, ça va passer…

Le 20 juin, c’est à 5H du matin que nous montons dans le taxi que nous avons affrété pour notre destination : l’embarcadère de Tumbak (10H de route au Nord-Est de Sulawesi).

La route est très sinueuse mais les paysages superbes. La forêt recouvre encore une grande partie de la région, les côtes sont préservées.

Malgré les médicaments, ma cheville est toujours douloureuse et des rougeurs sont apparues sur d’autres articulations. Notre location à Tumbak est sur pilotis, au dessus des flots et à 15 minutes de la côte et surtout à plus de 3H de route de l’hôpital de Manado ; aussi nous décidons de faire un détour par l’hôpital de Manado. Nous n’avons pas compris le diagnostic, mais nous repartons avec de nouveaux médicaments.

Nous traversons ensuite le nord de l’île, passons au pied du volcan Lokon, traversons des villages qui embaument les clous de girofles; qui sèchent sur des bâches à même le sol.

Nous voici enfin à destination : Tumbak.

Les Iles Togian, un paradis au bout du monde, du 4 au 18 juin .

SANDY BAY

Sacha pour les NEMS

Ce matin , nous quittons Ampana pour les îles Togian . Nous arrivons tard le matin au port . Et Asran nous emmène dans une barque à Sandy Bay Resort .

Nous avons décidé de rester 6 jours dans ce resort. Quand nous arrivons en face de Sandy Bay, nous écarquillons les yeux : la plage est magnifique et l’eau est turquoise.

Asran vient nous donner la chambre. C’est un bungalow avec vue sur la mer de notre lit et un hamac sur la terrasse . C’ est super sauf que l’électricité n’est qu’à 17 h jusqu’à 11 h du soir.

– Pas mal du tout!!!!

Après s’être installé, je vais me baigner, et l’eau est autour de 30 degrés .

– Elle est chaude!!!!

Nolwenn pour les NEMS

Nous sympathisons avec Julia et Simon, un couple d’Allemands en vacances en Sulawesi. Ils prennent le temps de discuter avec les enfants dont les progrès en Anglais nous surprennent!

discussion togian

Chaque matin, Manu se lève aux aurores pour saluer sa tortue. Un soir, en rentrant d’un magnifique snorkeling à flan de reef, quelle n’est pas notre surprise de retrouver Romain et Daphnée !!!

Cette semaine au paradis s’achève déjà…des derniers adieux….

Et nous reprenons la mer pour…

ALE BEACH

Laura nous y accueille avec un délicieux accent italien. Ancienne baroudeuse, elle a posé ses bagages dans cette île il y a un an maintenant. Son mari part à la pêche pour nous régaler de poisson frais tandis que son fils, Alessandro, apprend les règles du Rummikub à nos enfants.

Laura passe du temps aux fourneaux et improvise de succulents repas italiens avec les ingrédients locaux. Au menu, pâtes à la tomate, foccacia, tiramisu…Ecoeurés des riz frits et pâtes sautées, nous savourons chaque bouchée!

La pluie incessante nous oblige à rester à l’abri. Au programme, lecture, partie de cartes, devoirs et discussions avec Laura. Entre deux éclaircies, nous allons explorer l’environnement sous-marin…nous avons même la chance de croiser le chemin d’une raie aigle.

Le ponton est aussi un terrain de jeu idéal pour les photographes amateurs que nous sommes.

C’est du même ponton que nous partons pour notre dernière escale dans les îles Togian:

KADIDIRI

Entre le billard,

la fête des pères,

des repas face au soleil couchant en discutant avec une irlandaise et la cuisinière, femme extraordinaire au rire éclatant.

et des snorkelings toujours aussi fascinants, nous en profitons pour faire une sortie plongée…

Mais voilà nos 14 jours sur les îles Togian déjà terminés…dire que je craignais de trouver le temps long… à peine, le pied posé sur le bangka qui nous mène au port, je rêve d’y revenir….

Ces îles du bout du bout du monde représentent pour nous, le point ultime de notre voyage. Nous avons un peu l’impression d’entamer le chemin du retour…

Tentena, du 1 au 3 juillet.

Ce matin, c’est groupé que nous quittons Yacob et sa famille : les Autrichiens devant talonnés de peu par Daphné et Romain, les enfants et moi, Manu quelques encablures derrière, en file indienne sous la pluie, sacs au dos comme une famille escargots!

13 heure de bus sur des routes qui serpentent et qui cahotent sont nécessaires pour atteindre notre prochaine destination, Tentena. Le bus nous y dépose de nuit, dans la rue principale, déserte, exceptées trois moto-taxis, que nous réquisitionnons illico. Si j’aime le voyage, c’est aussi pour ces instants, un peu hors du temp….seuls, ou presque, à traverser la ville, le vent frais du soir dans les cheveux, les enfants fièrement assis sur leur monture vers une destination inconnue…

A Victory, notre guest-house tenue par une adorable mamie, nous retrouvons Daphné et Romain et faisons connaissance avec Sonia, Nicolas et Nino, 6 ans, des Rochelais sur les routes depuis 6 mois. Le deuxième jour, nous louons des scooters, au programme : cascades puis déjeuner au lac Poso.

Les routes bien entretenues, sans circulation se prêtent bien à la balade. Dans les villages traversés, tout est fermé. Nous sommes dimanche aujourd’hui et les communautés, adventistes pour la plupart, célèbrent des messes intimistes dans les cours des maisons.

Petite pause déjeuner-baignade au bord du lac Poso…

Mais le vent se lève, le ciel s’ assombrit dangereusement…nous courons jusqu’à nos scooters, avec un peu de chance nous serons rentrés avant l’orage…mais n’est pas Madame Soleil qui veut…quelques kilomètres plus loin, la pluie drue dégouline le long de mon cou, traverse mon coupe-vent et me fouette le visage…quant à être trempées, nous roulons à travers les flaques d’eau pour le plus grand plaisir d’Elise!

Une bonne douche, au baquet!, plus tard, Sacha est prêt à jouer avec Nino et Jim, le petit-fils de la propriétaire.

Réveil à 4h40, ça pique!, pour un départ à 5h, en voiture partagée avec nos Rochelais, jusqu’à Ampana. La propriétaire s’est levée encore plus tôt pour nous préparer un petit déjeuner à emporter. Avec un clin d’oeil, elle nous signale qu’il y 2 panecakes en plus, pour les copains de Jimmy!!

A Ampana, Manu et moi allons nous ravitailler avant nos 15 jours dans les îles Togian: gâteaux secs pour le café, pain de mie, miel….et bières. Mais trouver des bières en plein Ramadan dans un pays musulman n’est pas chose facile….nous tentons notre chance dans plusieurs boui-bouis avant de rebrousser chemin, bredouilles…mais l’instinct reprend le dessus, une devenature attire notre attention, nous ralentissons…la vendeuse nous interpelle doucement « do you want bier?? »…et elle nous sort discrètement des Bintang, bière locale, de derrière le comptoir! Yes, mission accomplie. Nicolas et Paul, un autre Français sur les routes, profitent du filon!

Encore 6 heures de ferry

puis 20 minutes de petit bateau

et nous posons enfin les pieds sur le sable de Sandy Bay, aux îles Togian…

Pays Toraja (suite) : Red Bull!

De retour à la Guesthouse, nous sympathisons avec Daphné et Romain, couple de jeunes avocats qui ont laissé la robe à Paris. Il y a aussi un jeune autrichien un peu spézial dont le sport favori est de vous aborder pour rapidement amener la conversation vers ce qui est pour lui source de préoccupation permanente : la politique migratoire de sa voisine germanique Angela M. ….bien la peine de voyager…

Yacob est disponible les deux prochains jours et nous guidera pour une randonnée de 2 jours jusqu’à Batutumonga, à 1350m d’altitude. Mais avant la marche, direction le marché, où les producteurs vendent fruits, légumes et surtout d’excellents cafés (grand cru) moulus à la demande. Nous retrouvons également noix et feuilles de bétel, qui faisaient partie du décor au Myanmar. Mais c’est de l’autre côté de la rue que se situe le centre du marché : sur la grand place, des centaines, probablement plus d’un millier de buffles attendent leur nouvel acquéreur.

Quelques albinos, à l’écart, semblent surveiller les poignées de billets échangées entre marchands et clients. Les animaux sont bien gras, prêts à être sacrifiés aux prochaines funérailles. Ils proviennent de différentes provinces du pays, Sulawesi ne produisant pas assez de ruminants pour couvrir les besoins de la saison des enterrements qui démarre en ce début d’été. Sur la droite, des rangées de cochons saucissonnés autour d’une branche de bambou. Comme un avant goût du travail de charcutier à venir?

Nous évoluons dans des paysages de rizières verdoyantes, parsemé de maisons traditionnelles. Yacob nous fait remarquer le coq, qui, comme dans l’hexagone, domine le clocher de l’église. Il faut y voir un symbole de justice, celle des hommes avant celle de dieu : jadis, lorsqu’un conflit éclatait, un combat de coq était organisé, chacun des belligérant voyait son sort associé à un des deux gallinacés. Le vainqueur du combat désignant à son insu celui du procès. Aujourd’hui les avocats ont remplacé les coqs…

Les constructions traditionnelles du pays toraja, greniers à riz ou habitations, perchées sur 4 piliers, regroupées en hameaux, sont de moins en moins nombreuses : le toit de feuilles est peu a peu remplacé par des tôles, et la construction de maisons contemporaines moins coûteuses : cubes de bois ou parpaings, est de plus en plus fréquentes. Mais c’est bien dans une de ces maisons à la toiture fascinante que nous passerons la nuit.

La randonnée s’achève le lendemain. De retour à Rentepao, Yacob nous propose d’assister à un combat de buffles. Bah pourquoi pas! Le long de la petite route, la foule se masse, les yeux rivés sur la prairie qui sert de ring. Deux taureaux, sévèrement « équipés » déboulent des deux extrémités du champ, amenés par leur propriétaire. A peine un regard échangé qu’ils foncent l’un vers l’autre. Très vite l’un prend le dessus et l’autre la fuite sous les vivas des spectateurs. Ça a duré 15 secondes maximum. Nous assistons à 3 autres combats du même genre et décidons de rentrer après le prochain. Mais il s’ agit de combattants émérites. Ils prennent tour à tour le dessus sur l’adversaire, les forces dépensées sont énormes.

Ça pousse, ça tord, ça appuie, ça balance, ça cogne. Pendant deux longues minutes, ils se neutralisent en croisant les cornes avec celles de l’adversaire. On est entre boxe et judo. Sur leurs flancs, leurs noms sont tracés en lettres rouges ou blanches. Finalement « rouge » prend le dessus, parvient à rester la tête contre le jarret de « blanc », qui n’abdique pas. Après plus de 5 minutes intenses, « blanc », fatigué par les multiples coups de cornes de l’adversaire, le flanc écorché, finit par quitter l’arène de fortune, poursuivi par « rouge », triomphant. Blanc saute une barrière, un frisson parcours les spectateurs qui se ruent à l’écart. Fin du combat.

Le perdant aura l’honneur d’être sacrifié le lendemain, pendant que le vainqueur retournera sur le ring.

Une météo exécrable nous décide à regrets à quitter la région, dont il nous reste tant encore à découvrir…

Pays Toraja : Du 24 au 31 mai

Par Manu pour les Nems

Nous atterrissons le 24 mai à Makassar, la grande ville du Sud de Sulawesi (anciennement « îles Célèbes »). En cette période de ramadan, l’ambiance est festive, le soir, sur les quais, et la vue sur la nouvelle mosquée aux couleurs très 70’s nous plaît bien.

Nous voici à Rentepao, au coeur du pays Toraja, région dont je rêvais depuis plusieurs années. Mais si les maisons Toraja sont aussi étonnantes que dans mes rêves de voyage, nous n’allions pas tarder à découvrir autre chose : la culture et les incroyables rites du peuple Toraja.

Dès notre entrée dans la région Toraja, nous admirons ces surprenantes maisons traditionnelles aux toits incurvés. A l’origine de cette architecture unique, il y aurait eu une volonté d’honorer les buffles, animal que les torajas vénèrent ; à moins qu’il ne faille y voir une réminiscence des techniques des charpentiers d’antan qui construisirent les navires amenant le peuple Toraja en Sulawesi.

Nous élisons domicile à Mama Tia Guesthouse, un logement chez l’habitant, à savoir chez Yacob, sa femme et leurs enfants. Yacob est guide et bien occupé (il est parti pour une journée de repérage avec la chaîne National Geographic).

Aujourd’hui, c’est son fils Yassir, prêt à prendre la relève de son paternel, que nous suivons en scooter à travers les routes sinueuses de la région, jusqu’à une cérémonie -comprenez un enterrement. A l’entrée du village, Yassir nous conseille d’acheter une cartouche de cigarettes que nous offrirons à la famille du défunt. On nous installe sur une plateforme de bambous construite pour l’occasion. Les 200 invités arrivent progressivement : leurs habits sont sobres et élégants : sarong noir pour les hommes et robe noire légèrement brodée pour les femmes.

L’homme qui est mort repose dans une maison traditionnelle depuis plusieurs mois ; le temps que la famille ait pu réunir l’argent nécessaire pour organiser les funérailles, c’est à dire pour acheter les animaux à sacrifier : buffles et cochons.

Plus le mort est important et âgé, plus les sacrifices seront imposants : d’un cochon pour un enfant, jusqu’à 24 buffles ou plus pour les chefs de village. Au-delà de la quantité, Yassir nous explique qu’il existe 5 « classes » de transport pour accompagner l’âme du défunt dans l’au-delà. La rolls en la matière : le buffle albinos, dont le pelage est comme un avant goût annonciateur de la lumière divine. Son prix est équivalent à celui d’une petite maison et dépasse parfois 30 000 Euros. Comme les villageois, nous restons 2 heures à discuter sur notre plate forme, buvant thés et cafés apportés par la famille. Tout à coup, quelques cris et pleurs retentissent : dans la maison voisine, le corps a été tourné à 180 degrés, premier moment de la mort officielle puisque jusqu’à présent pour les toraja, l’homme était simplement malade!

Notre guide nous explique avoir dormi de nombreuses semaines dans la petite maison familiale avec sa grand-mère qui « dormait », embaumée à l’arrière de la pièce de vie. Durant ces périodes, les torajas apportent de la nourriture, parlent ou chantent avec leurs proches « malades ». Nous mesurons combien ces rites sont loin de nos cultures, il nous faut faire un vrai effort pour rendre le tangible concevable.

Un peu plus tard, deux hommes sur la place centrale exhibent tour à tour 3 cochons. Puis c’est le tour d’un buffle dont les minutes sont comptées. Son regard croise le mien et je me dis qu’il a un air résigné, après tout, c’est un honneur d’avoir été choisi pour la cérémonie. Bon, ça, c’était avant la scène suivante, car l’égorgement vire un peu à la boucherie : l’homme qui tient la longe s’y reprend à 4 reprises pour faire l’entaille décisive. Le buffle est maintenant allongé et aussitôt passé son dernier souffle, place à la découpe. Les morceaux, comme ceux des porcs seront répartis entre les invités. Lorsqu’il y a surplus, ils sont conservés dans le sel ou fumés.

Nous quittons finalement la cérémonie en remerciant la famille. Pour les Toraja, c’est toujours un honneur d’avoir des visiteurs/invités supplémentaires à honorer le mort.

Quand nous enfourchons toujours pensifs nos scooters, nous ne nous doutons pas encore que l’après midi nous réserverait d’autres émotions fortes…

Nous suivons Yassir entre rizières, collines, palmiers…certes, rien de nouveau après 8 mois en Asie, mais l’intensité du vert de la végétation, les maisons traditionnelles aux toits incurvés et aux parois décorées, le relief de collines dominées par les montagnes…bref l’harmonie de l’ensemble du paysage nous ravît. Nous posons nos montures dans un endroit entouré d’arbres. Au milieu de la clairière, trônent plusieurs menhirs de 2 à 4 mètres de haut, érigés en cercles.

Juste à côté une plateforme juchée à 2,50m du sol attend les prochaines funérailles. Plus loin, se trouvent plusieurs caveaux taillés dans la roche. Refermés par une petite trappe, ils abritent les dépouilles d’une famille.

Yassir nous emmène dans un bosquet et nous montre un arbre magnifique.

Notre guide nous explique qu’il s’agit d’un « arbre aux enfants ». Lorsqu’un nourisson décédait, jusqu’il y a quelques années, le corps était placé dans une cavité creusée dans le tronc pour l’occasion. La niche contenant le corps était refermée par des feuilles de bambou -nous en apercevons à 3 niveaux du tronc. Pour les toraja, l’enfant ainsi disposé poursuivait sa vie, nourrit par la sève et croissant avec l’arbre ; jusqu’à la mort de l’arbre qui signifiait arrivée directe au paradis. Ce rite nous paraît à la fois incroyable et après tout terriblement poétique.

Yassir nous apporte quelques précisions : les 3 jours suivant le décès, le corps était veillé par les proches afin que les sorciers ne viennent voler son âme. La mère quant à elle était interdite de visite sur le site car l’enfant aurait pu la rejoindre et ainsi mourir définitivement. Ah oui au fait, j’avais omis une petite précision : les torajas, bien qu’animistes sont chretiens et fréquentent régulièrement les églises qui jalonnent la campagne! Et dire que le pape n’est probablement pas au courant que St Pierre est entouré de milliers de buffles.

Café de Florès

La croisière nous a amené jusqu’à l’île de Florès et l’heure des choix est arrivée : choix 1 : on traverse Florès sur 1 semaine avant de prendre l’avion pour Sulawesi. Choix 2 : on fait le renouvellement de visa et on file sur Sulawesi dès que possible. Choix 3 : on prend l’avion pour Java pour , sur une semaine, escalader les volcans Bromo et Ijen, visiter Borodubur puis avion pour Sulawesi.

Après hésitations…roulements de tambours…, si vous avez coché « 2 », c’est certainement que vous commencez à bien nous connaître…des considérations écologiques (éviter les vols internes) et le fait de bénéficier de 6 semaines pour explorer Sulawesi auront encore une fois raison de mon envie de volcans, mais pas grave, on se rattrapera au Nord de Sulawesi…du moins c’est ce que nous pensons à ce moment là…

Comme souvent, nous avons passé du temps à sélectionner notre point de chute et ne le regretterons pas. G-Rima est un logement chez l’habitant, en l’occurrence une famille accueillante. Les enfants jouent avec Elise et Sacha, surtout le petit dernier de la fratrie : John, 9 mois, qui sourit de toutes ses (ou plutôt « sa ») dent, fasciné par la moindre grimace de l’un ou de l’autre. La fascination est réciproque.

Teldy, le père, m’explique qu’il est très fier d’avoir réussi à devenir inspecteur, mais envisage sérieusement de se reconvertir : « le problème quand tu travailles pour le gouvernement, c’est que tu es sans cesse sollicité » comprenez pour obtenir des passes-droits. Teldy adore les Français et l’équipe de France, il m’avoue discrètement avoir parié sur les bleus lors de la dernière coupe du monde, la somme encaissée était rondelette, mais chut, Relin n’est pas au courant…La conversation dévie sur les élections, sujet inévitable quand internet est suspendu depuis 24h dans une grande partie du pays. Le réseau est coupé par les partisans du finaliste déçu qui conteste les résultats. Teldy est satisfait de la réélection du président sortant, pour lui, le plus progressiste des deux finalistes. Il espère que la situation va se décanter positivement et que dans l’île de Florès, les chrétiens (majoritaires), musulmans et hindouistes pourront continuer à vivre en harmonie.

Une délicieuse odeur émane de la cuisine, Relin, torréfie le café récolté par sa mère, dans le jardin familial. Elle a mis 2,5 kg de grains dans un énorme wok qui chauffe tranquillement. Pendant 2h, elle remue manuellement les graines. Et dans la tasse, le breuvage est une merveille, assurément le meilleur café de notre voyage.

Notre hôte cuisine le traditionnel Nasi Goreng ou Nasi Kampur. Le premier est la déclinaison indonésienne du Fried rice (riz sauté) et le second une assiette associant riz, légumes et tempé sauté. Kezako me direz vous? Et bien le tempé est un cousin du tofu, mais en meilleur (oui, je sais que certains, et ils sont nombreux, aiment le tofu, comme d’autres trouvent du goût à un vieux chewing gum après 3 ou 4 heures de machage…).

Nous passons trois jours en allers-retours au bureau de l’immigration, l’occasion de découvrir la gentillesse des habitants de Florès : je sors du bureau de l’immigration pour trouver un endroit où imprimer nos billets d’avion. Après 10 minutes de marche sous le soleil, je m’enquiers (si, si, je vous assure, parfois je m’enquiers) auprès d’un groupe de jeunes à scooters, du lieu où imprimer les documents. Ni une ni deux, l’un d’entre-eux m’invite à monter sur le scoot. Il me dépose dans un café-internet…sans internet puisque toujours coupé…Un client du cyber-café vient à mon secours et me propose lui aussi de me véhiculer, avant qu’un troisième homme ne me ramène au bureau de l’immigration. Quelle hospitalité!

Entre nos démarches, nous empruntons des scooters pour explorer la péninsule, qui offre une belle vue sur les îles de l’archipel. Florès commence tout juste à investir dans le tourisme, vu la taille de l’aéroport, la beauté des environs et l’hospitalité des habitants, nul doute que ça n’est qu’un début.

Nous quittons Florès avec un avion presque privé : nous 4 et seulement 6 autres passagers !

La croisière s’ amuse

Nolwenn pour les NEMS

9 h du matin, à Keliki, sacs bouclés.
Depuis hier, on se tâte, on hésite… allongée sur le lit, je demande à Manu:

– « Bon, ce serait peut-être bien de savoir où on va aujourd’hui, non? »

-« Java? Le volcan Bromo, ça a l’air chouette quand même!  » propose ma moitié

– » Ouais, mais la croisière vers Florès, depuis qu’Elise et Arnaud nous en ont parlé en Géorgie, j’en rêve… »

-« Et les ruines de Boroboudur, à Java,ça ne vaut pas Angkor,d’accord mais elles sont impressionnantes. Et puis y’a le Bromo!! » »

– » Oui, mais pendant la croisière, on verra des raies manta, c’est ton rêve….on pourrait demander leur avis aux enfants? »

-« Ok, concède Manu, mais soit impartiale dans ta présentation ».

-« Moi, impartiale, réponds-je, outrée qu’il puisse douter de mon honnêteté intellectuelle, » évidemment que je serai impartiale, pfff.. Les enfants, venez, on a quelque chose à vous demander : vous préférez aller à Java, voir des vieilles pierres, se lever au milieu de la nuit pour escalader des volcans, d’ailleurs y’en a un trop dur pour vous, en plein ramadan? Ou alors profiter de 4 jours de croisière, voir des raies mantas, des dragons de Komodo, faire du snorkelling, vous baigner tous les jours en sautant du bateau??… La croisière, vous êtes sûrs? Alors c’est parti pour 4 jours en mer! Whaou! …par contre on partira demain, hein,à cette heure ci il n’y a plus de bateau pour Lombok.  »

Deux jours plus tard, nous voilà donc à bord du bateau qui relie Lombok Lubuan bajo (île de Flores) en 4 jours/3 nuits. En dehors d’un couple d’Australiens, nous sommes clairement les seniors, et les seuls francophones. La moyenne d’âge des 39 participants est d’environ 23 ans. Nous nous installons sur le pont couvert, sorte de grand dortoir aux matelas posés à même le sol.Le confort est spartiate mais suffisant. Notre crainte d’être à l’étroit vu le nombre de participants disparaît rapidement…le bateau est suffisamment grand pour accueillir tout le monde et le groupe se révèle très sympa. Mon anglais trop approximatif ne me permettra pas de participer aux conversations entre anglophones confirmés mais sera suffisant pour des échanges en petit comité.Le premier matin, je me réveille aux aurores. Seule ou presque j’assiste médusée au lever de soleil sur la mer…Quelques pancakes plus tard, une navette nous dépose sur une petite île, direction la cascade. Nous sommes loin d’y être seuls, ce n’est pas Biliran, mais la baignade y est sympa.Retour sur le bateau puis petit snorkelling. Après le repas de midi, le bateau se met en branle, une longue route nous attend jusqu’au « Manta point » prévu demain matin…entre la houle, le ronron du moteur et le vent sur le pont qui souffle sans cesse dans nos sacs en soie, le sommeil est difficile à trouver pour tout le monde. Vers 5h30 du matin, une secousse et un bruit sourd réveille l’ensemble des voyageurs, seuls deux trois irréductibles restent dans les bras de Morphée malgré l’excitation ambiante: le bateau s’ est échoué sur un banc de corail. Malgré les gazs à fond, on ne peut ni avancer ni reculer, et en plus nous sommes à marée haute…deux petites navettes essaient, sans succès et sans surprise, de nous tirer…heureusement, un autre bateau de la même compagnie vient à notre secours.Une corde cassée et plusieurs essais plus tard, notre bateau bouge, enfin!!! C’est sous un tonnerre d’applaudissements reconnaissants que notre bateau bienfaiteur finit pas nous sortir de ce mauvais pas. Le dernier dormeur ouvre alors un oeil et, stupéfait, se fait raconter notre mésaventure.Au final, plus de peur que de mal! Deux heures plus tard, masque sur le nez, tuba bien accroché nous sautons du bateau pour observer les fameuses rais mantas. Le courant nous emporte rapidement, nous scrutons, scrutons 5 puis 10, 20, 40 minutes….sans résultat. Les enfants, restés sur la navette en raison du fort courant, ne sont pas, plus chanceux….plus tard nous apprendrons à Lubuan Bajo que pendant 5 jours, fait exceptionnel, les raies ont fait leur timide. Toute la famille est déçue, Manu tout particulièrement dont c’est le rêve depuis longtemps. Sacha, philosophe, conclue « c’est la nature, ce n’est pas un zoo, on n’est jamais sûr de les voir ».Avant le repas de midi, deuxième moment très attendu de la croisière: la rencontre avec les dragons de Komodo! Ces énormes lézards, les plus gros du monde, vivent seulement dans quelques Îles d’Indonésie : Komodo, évidemment, mais aussi Rinca, Florès et guili .Un guide, branche bifide à la main pour éloigner l’animal si besoin, nous mène à travers l’île. Nous voyons un bébé komodo traverser une clairière pour aller s’ abreuver dans une flaque d’eau…

Vidéo bébé Komodohttps://youtu.be/9P9_CBxet4E

Un peu plus loin, le guide nous désigne un haut tas de terre. Il nous explique que que la femelle komodo y creuse un trou pour y pondre ses oeufs. Elle les couve 3 mois puis, après avoir creusé des trous « leurres » pour tromper les prédateurs. 6 mois plus tard, les oeufs sont prêts à éclore. Elles reviennent alors sur le lieu de ponte…pour avaler tout cru les bébés les moins vifs. Les plus rapides échappent à ce sort horrible en grimpant, par instinct, sur les arbres les, plus proches, à l’abri de la voracité de leur génitrice. Mais les prédateurs sont nombreux et seuls les plus vigoureux atteignent l’âge adulte. Les plus vieux pourront vivre jusqu’à 30 ans. Nous reverrons ces dragons, si intrigants, le lendemain sur l’île de Rinca.Au programme de cette croisière, nous avons aussi un magnifique snorkelling à Pink beach (de Pink, rose, la plage n’en a que le nom mais les coraux, les poissons multicolores, quel régal! ), un magnifique lever de soleil sur l’île de Padar, une dernière baignade sur un îlot perdu, une partie de carte avec une dizaine de voyageurs, des bronzettes improvisées sur le pont, laissant défiler la mer turquoise,les îles , des levers de lune rousse, des voies lactées surréalistes…Le port de Lubuan Bajo et ses toits en tôle rouillée apparaît déjà…une dernière photo de groupeet nous montons dans un bento, taxi-bus local, pour nous rejoindre notre homestay à l’écart de la ville.

La balade dans les rizières (16/05)

Élise pour les Nems

Avant de partir, Riong nous propose de nous fabriquer un cerf – volant. C’est très simple: il découpe un losange dans un sac poubelle, attache avec de la ficelle deux bouts de bois. Pour coller les faces du sac poubelle ensemble, il pose un bâton d’encens allumé dessus. Le plastique, en fondant, colle les deux parties.

Félix, Émile, Sacha, Oscar et moi nous nous amusons à faire voler le cerf-volant le plus haut possible et à fabriquer des petits radeaux avec des offrandes, du bois, de la paille, du bambou….

Ensuite nous les lâchons dans les systèmes d’érigation pour les rattraper et les relâcher une nouvelle fois un peu plus loin. Riong nous demande si on veut voir une anguille. Il enlève ses chaussures, déplaçe des mottes de riz et cherche les anguilles à main nue . Au bout de cinq minutes, il nous en montre une, les mains pleines de terre. Elle essaye de creuser des trous dans ses mains.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons visiter une toute petite fabrique à tofu. Nous croisons aussi la mère de Pitri, nous lui demandons si nous pouvons prendre une photo avec elle.

Élise pour les Nems

La peinture de Keliki

Sacha pour les nems

Au village de Keliki , nous pouvons faire de la peinture balinaise . Toutes les familles sont artistes. Du coup Maman, Papa, Elise et moi nous faisons de la peinture. Riong nous montre les dessins qu’ il a faits . Il a fait des magnifiques dessins. Riong nous apprend comment dessiner. Nous avons des modèles de différentes dames qui ont un panier sur la tête, dedans il y a des pastèques et des bananes. Elles portent des habits traditionnelles. Nous commençons nos dessins au crayon papier.

Après, nous faisons le contour au marqueur.

Et pour les autres touches, ce sera pour un autre jour. Aujourd’hui, nous mettons de l’ encre chinoise par dessus le marqueur. Après, nous attendons que ça sèche pour mettre les couleurs. Mon sarong est bleu , mon écharpe est rouge , ma ceinture est jaune , mon panier est rouge . J ‘ai adoré faire la peinture. Elise a tellement adoré la peinture qu ‘elle a fait Ganesh un autre jour.

Sacha pour les nems

★☆★L’huile de coco ☆★☆ (16/05)

Elise pour les Nems

Ce matin Sacha, Agathe, Maman, Amandine et moi avons aidé Pitri à faire de de l’huile de coco. Pour en faire 600 ml, il faut six à sept noix de coco. Pitri les cassait, en extrayait le jus.Ensuite nous devions râper les morceaux de noix de coco.Poutri, la fille de Pitri âgée de deux ans, ne faisait que de prendre des bouts cassés, où il y avait la pulpe.
Petite vidéo:râpage de la cocoPitri a pris un filet à petits trous, a mis dedans une poignée de chair râpée et l’a essorée au dessus d’un grand bol, pour que le lait en sorte.Autre vidéo explicativefiltrage cocoQuand nous avons fini de tout essorer, Pitri a fait chauffer le lait à petit feu pendant deux heures. Pendant la cuisson, l’huile est remontée et le reste est resté en bas. Pitri a récupéré l’huile à l’aide d’une louche. Ensuite pour enlever des petites particules qui ne sont pas de l’huile, on les fait chauffer de plus en plus fort ce qui les faisait se contracter.Elise pour les Nems