Douce FRANCE : du 3 au 6 aout 2019

Par Manu pour les Nems

Loukoum a gravi le col du Mont Cenis sans encombre, des douaniers nous intiment de nous garer sur le bas côté. Ce sont des Français, ils nous signalent que la frontière est située 1 km plus bas, vous êtes en France messieurs-dames. Pour peu on les embrasserait. On tend nos papiers, quand ils nous demandent d’où on vient, ils prennent un air circonspect en entendant nos réponses, puis un air étonné lorsqu’ils constatent que nos passeports en attestent…

Nous discutons un moment, puis redescendons jusqu’au lac du Mont Cenis…wouaouw, on en avait presque oublié combien c’est beau aussi la France!

Le bivouac au pied du lac entouré de la chaine alpine est splendide, même si nous ne sommes pas seuls. Une baignade en eaux froides pour Nolwenn décidera un savoyard vexé à se jeter aussi à l’eau. Puis une jolie balade avec les marmottes et nous rejoignons les bras de morphée.

Il y a quelques jours, nous avions pris contact avec Rachel et Christophe, une famille croisée à l’aéroport de Bangkok, puis au Lac Inlé avec qui nous étions restés en contacts. Ils nous ont gentiment invités à manger ce midi. Sitôt levés, nous reprenons la route pour rejoindre Novalaise, petit village à quelques kilomètres de Chambéry. Rachel, Christophe, Thélio, Siloé, Daïan nous réservent un accueil très chaleureux. Ils rentrent d’un an de voyage, mais viennent de retrouver leur maison après 6 ans d’expatriation en Afrique. Nous passons une journée très agréable à raconter des anecdotes de voyage, à évoquer les plaisirs du retour : les amis, la famille qu’on retrouve, la nourriture, dormir dans un vrai lit…

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Nous passons la nuit à Novalaise, puis reprenons la route, non sans un arrêt à la fromagerie, une raclette pour fêter le retour étant exigée par les enfants depuis de longs mois.

Après la visite de Paray-le-Monial, et une nuit près de Nevers, nous reprenons la route direction la Sarthe, pour quelques jours chez les parents de Manu. La France est censée avoir connu la canicule, mais c’est sous des trombes d’eau que nous retrouvons des routes connues. Plus que 50 kms, 40 kilomètres…. le décompte est interminable pour les enfants qui piaffent depuis notre passage de la frontière. Les derniers kilomètres se font en chantant à tue-tête, nous voici à Loué, la boucle est bouclée.

Emotion, embrassades, plaisir de revoir nos proches, de retrouver des lieux familiers…Sans parler de notre maison dans 3 jours…

Voilà, presque 13 mois de vie, un chapitre qui se clôt, des tas de souvenirs, des images plein la tête, des galères (très peu), des paysages, des découvertes, et surtout beaucoup de très belles rencontres.

Sur la route, Nolwenn a eu l’idée de demander à chacun ses 5 meilleurs souvenirs – l’exercice de concision s’est avéré trop difficile, on a fini par en noter chacun une bonne dizaine!

Amis voyageurs, si vous aussi, vous avez des fourmis dans les jambes et que la vie le permet, nous ne pouvons que vous encourager à aller les dégourdir sur les routes du monde, la vie est trop courte pour se donner l’occasion d’avoir des regrets.

Si vous souhaitez échanger sur le sujet ou sur les pays parcourus, n’hésitez pas à nous contacter : manunol2@yahoo.fr

L’Italie, de vieilles villes en agrotourismo..( du 27 juillet au 3 août)

Après notre courte nuit sur le bateau, c’est fatigués que nous abordons le sol italien. Une baignade dans l’Adriatique nous ferait du bien mais impossible de se garer en cette saison touristique ! Heureusement une part de lasagnes réclamées par Sacha depuis des semaines, remonte rapidement le moral des troupes!

La foule au bord de mer nous conforte dans notre choix initial, nous visiterons les terres!

Nous passons donc notre première nuit italienne au pied d’un petit village. Deux vans arrivent en fin de journée sur ce parking peu fréquenté, la nuit s’annonce calme…que nenni! Pluies, éclairs, tonnerre se déchaînent dans le noir. La foudre tombe même, tel un feu d’artifice improvisé, sur un transformateur, à quelques mètres seulement de Loukoum!!

Après une courte balade dans le vieux village, désert, nous prenons la direction de Gubbio, village médiéval. Sous la pluie diluvienne, nous n’en verrons malheureusement qu’une petite partie. Nous trouvons refuge dans un petit café, qui fleure bon l’expresso, la foccacia et le gâteau aux amandes…

Le lendemain, nouvelle ville médiévale, Arazzo. Sous le soleil, la Toscane révèle ses vraies couleurs, jaune, ocre, Sienne…nous multiplions les visites d’églises, de la plus simple, avec ses murs blancs, ses fenêtres encadrées de noirs et blanc, son crucifix peint…. à la plus richement décorée, aux meubles dorés, à la chaire lourdement sculptée.

Les fortes chaleurs ne sièent décidément pas à Sacha. Tandis qu’Elise nous guide à travers les rues pavées, nous menant jusqu’à la place centrale, lieu de tournage de certaines scènes de « La Vie est Belle », son frère râle, vitupère…. » Quelle ville horrible!! Je veux partir » se lamente- t-il sans fin…une glace généreuse savammant dégustée ( c’est en effet un art véritable que de manger une glace à 30 degrés à l’ombre sans en laisser la moitié couler dans sa manche) a le don de calmer notre progéniture…grand seigneur, il accepte alors de visiter une dernière église la Basilique San Francesco  » j’ai pas le choix de toute façon »…

Nous savions Sacha sensible juaux lieux empreints de spiritualité, Mosquée en Turquie, stupa de Bodnath au Népal….et là à nouveau, l’effet opère…

« C’était trop bien » conclu notre fils, dont la promptitude à la métamorphose ne cessera jamais de nous surprendre….

Nous rejoignons notre  » agrotourismo » du soir à travers une campagne Toscane, baignée dans les lueurs dorées…

Le lendemain nous visitons la ferme de La Vialla. Comme nombre d’autres exploitations en Italie, elle fournit un terrain aux touristes nomades, en échange, ces derniers achètent un produit local ( bouteille de vin, saucisson, parmesan…). C’est le concept de l’agrotourismo.

La visite de La Vialla, bien rôdée, nous mène à travers le domaine: la minoterie ( la farine permettant de faire pain et gâteaux secs maison), la cave et ses vins naturels, la presse à huile d’olive…nous déjeunons de salades, charcuteries, pain et fromages maison, à l’ombre de la tonnelle…L’Asie avec ses tortues, ses riz frits et ses bananiers nous paraît déja bien loin…

Et encore c’était avant de connaître Bologne! Tout me séduit!! Les nombreuses arcades, les pizzas géantes, les églises aux multiples cours…c’est du haut des tours médiévales, 97 m de haut, 500 marchés, que sa splendeur se révèle !

Le soir, nouvel agrotourismo! Spécialisée dans le parmesan, c’est une coopérative qui propose un grand champ pour bivouaquer…

Peu à peu la frontière se rapproche. Nous passons notre dernière nuit à  » l’étranger », dans un ultime agrotourismo, vinicole cette fois. Dans la cour, une énorme caravane rose! C’est autour d’un menu italien bien complet et de quelques carafes de vin local que nous faisons connaissance avec sa propriétaire, Lucy. Cette Anglaise, maman d’un petit Vinie de 1 an, nous stupéfie par sa force de vivre!

Ce matin, Manu et moi nous réveillons emplis d’ambiguïté, alors que les enfants ne cachent pas leur joie: ce soir nous dormirons en France. Nous faisons étape à Susa, une petite visite des ruines romaines, une dernière glace, un petit expresso en terrasse, quelques achats souvenirs…

et il est temps, temps de remonter dans Loukoum, à l’assaut du dernier col….

GRECE : du 19 au 26 juillet

Par Manu pour les Nems

Après 11 heures de vol, nous arrivons à Athènes ou nous reprenons un avion pour Thessalonique. Le taxi n’est pas sympathique et exige un surplus bagage au moment de payer…on regrette déjà l’Asie. Nous retrouvons Loukoum, que Sacha embrasse chaleureusement. Le propriétaire de l’hivernage avait visiblement oublié sa promesse de recharger régulièrement les batteries et il va falloir les changer. Direction Zampetas, un concessionnaire très compétent qui a aménagé une aire pour les camping-cars.

Nous prenons 3 jours pour remettre en état Loukoum, racheter des provisions, et profiter de la plage de Mouriès. La plage est sympa, mais lorsqu’on met nos masques, pas de coraux, de tortues, tout juste 2 ou 3 poissons aux couleurs ternes entre les jambes des baigneurs…on va s’y faire…

Nous traversons le Nord de la Grèce. Nous prenons 2 jeunes autostoppeuses, elles sont françaises. Mathilde m’explique, du haut de ses 22 ans qu’elle a vécu 6 mois à Kuala Lumpur, elle a déjà visité la Chine, le Cambodge, le Laos, les Philippines, l’Indonésie…la route a passé vite et nous voici aux pieds des Météores.

Les Météores, fabuleux monastères perchés sur leurs pitons rocheux sont devenus très touristiques depuis ma première visite en 1998. Nous visitons St Varlaam et St Etienne, y admirons de précieux manuscrits (8ième siècle). Mais ce sont les vues des monastères encore paisibles de bon matin qui nous charment le plus. Et cette question lancinante : comment ont-ils réussis à construire de tels édifices à des endroits aussi inaccessibles?

Nous reprenons notre route vers l’Ouest, et trouvons un bivouac au village de Lingiadès, en surplomb de Ionanina et de son lac. Avec les visites, le retour dans «nos appartements», les parties de foot à côté du camping-car, la séance ciné «Le Corniaud», la nourriture et les paysages européens, on a l’impression d’être en vacances et plus trop en voyage.

Notre dernière étape grecque : Syvota est une jolie petite station balnéaire. La côte y est encore sauvage, la route sinueuse offre de belles vues sur la grande Bleue.

Après la dernière baignade du voyage, direction Igoumenitsa pour une nuit sur le Ferry, demain on est à Ancône, un an qu’Elise rêvait d’Italie…

KUALA LUMPUR : lumières de la ville – 16 au 18 juillet

Par Manu pour les Nems

Pour terminer nos 9 mois sacs à dos en beauté, j’ai découvert, en surfant au hasard (eh oui, je suis devenu un grand surfeur), qu’on pouvait louer un bel appartement dans une résidence de Kuala Lumpur, comprenant une piscine partagée avec vue sur la ville.

Depuis que j’ai mis les enfants dans la confidence, Sacha piaffe, aussi, pour éviter toute gaffe, j’ai convenu avec les enfants que le mot «clim’» remplacerait le mot «piscine» dans nos conversations. Bien que Sacha ait demandé une quinzaine de fois si on était bien sûrs que l’appartement possédait la clim’, Nolwenn ne se doute de rien.

Nous nous installons au 23ième étage puis direction la terrasse du 37ième pour aller profiter de la vue…et wouaouh! quelle vue.

Le lendemain, nous nous rendons à la Batu Cave : une grotte entourée de temples hindouistes gardés par une statue monumentale. Les touristes observent les singes et vice et versa. Un petit tour au musée des illusions d’optique puis direction les Tours Pétronas, les plus hautes tours jumelles du monde, symboles de la ville.

Nous quittons rapidement le son et lumière pour profiter une dernière fois de notre «infinite pool», face à la ville illuminée et aux Pétronas, Elise ne veut plus sortir de l’eau et Sacha déclare «Maman, je ne croyais pas que c’était possible quelque-chose d’aussi beau».

Notre avion est en fin d’après-midi, nous procédons à quelques achats, et, passant devant un dernier étal, on me rappelle que j’avais promis de goûter le durian, le fruit le plus prisé dans le Sud-Est asiatique : il s’agit d’un gros fruit à l’odeur pestilentielle (il est interdit dans la plupart les transports en commun des grandes villes du continent). Mais ce fruit est très réputé, c’est, nous a-t-on dit, un met très fin aux saveurs uniques. Partant du postulat que les mets les plus odorants me conviennent souvent (andouillette, camembert…), je me lance entouré des autres membres de la tribu qui attendent le résultat avec jubilation…première impression : c’est fort, doux, ça rappelle la vanille en plus fruité, et surtout en plus écoeurant. Deuxième impression : au bout de quelques secondes le côté écoeurant balaye la saveur vanille fruitée, c’est vraiment….horrible! Les enfants et Nolwenn sont morts de rire pendant que je recrache une partie du fruit, mais hélas, pas son goût.

J’ai beau ingurgiter tout ce qui passe à ma portée : gâteaux, ananas…rien n’y fait : le goût est tenace et mettra de loooongues minutes à se dissiper.

A quelques heures de quitter l’Asie, nous décidons de visiter le musée des arts islamiques, dont nous admirons les collections. Les maquettes des mosquées les plus importantes du monde musulman : Istanbul, Xi’An, Dubaï…représentent pour nous une synthèse de notre périple, manière de constater que la boucle est bouclée et que le (long) chemin du retour nous attend.

Notre avion décolle dans 3H30, la marge est confortable pour récupérer nos bagages à l’accueil de la résidence et rejoindre l’aéroport. Hélas, c’est jour d’embouteillage, et plus nous avancons, plus le temps à parcourir sur le GPS augmente, le stress commence à semer le doute, même auprès de notre chauffeur, pourtant très confiant de nature, mais qui n’a jamais vu ça. Seule, Elise rassure tout le monde d’un «en un an, on n’a pas loupé un seul bus, je vous le dis, notre avion, on l’aura».

Après 2H, le chauffeur parvient à dépasser les 20 km/h, le conducteur prudent se fait fort de rattraper le temps perdu, dépasse les 140 et nous dépose en s’excusant de n’avoir pu faire mieux!

Finalement l’enregistrement fermera avec retard, juste après nous, ouf, ça y est, dans quelques heures on sera en Grèce.

Goergetown, Street art et chevaux blancs, du 10 au 16 juillet

Georgetown, ville connue pour son street art, nous fait de l’oeil depuis quelques semaines. Nous décidons donc d’y rester 5 jours. Nous logeons tout d’abord dans une guest-house certes basique mais en plein cœur de Little India…il suffit de mettre le nez dehors pour que les sens se mettent en éveil : colliers de fleurs colorés, fins bracelets clinquants, naans et curry, musique Bollywood…et cela sans la frénésie assourdissante des villes indiennes…je suis sous le charme. Et cela est sans compter la générosité de nos hôtes, ils offrent aux enfants des « rotis canaï » pour le goûter, sorte de crêpes sucrées, et nous proposent de partager leur poulet tandoori pour le déjeuner..

La journée, nous sillonnons la ville à la recherche des fresques murales, notamment celles de Ernest Zacharevic, artiste lituanien, le plus connu de Georgetown. Les oeuvres, parfois abîmées nous surprennent ; discrètes au détour d’une ruelle, immenses sur un fronton d’immeuble. En dehors des fresques interactives comme « enfants sur une blançoire » ou « l’enfant sur la moto », j’ai eu un gros coup de cœur pour cette fillette suspendue entre deux fenêtres…

 

Ces balades urbaines sont agrémentées par des pauses cafés-manille, des achats de souvenirs…l’architecture, marquée profondément par son ancien rôle de comptoir britannique, nous séduit : galeries ajourées, carreaux en ciment colorés.

Nous profitons de notre dernière après-midi midi pour visiter la « Maison Bleue », Maison de Cheong Fatt Tze , riche marchand chinois immigré du XIXième siècle. Nous en avons passé du temps à déambuler dans ses 38 pièces, a admirer les vitraux arts nouveaux, les portraits de famille…

Nous avons la chance d’être présents à Georgetown lors du festival annuel. Sur un coup de tête, nous nous inscrivons à une animation. Accompagnés d’un dessinateur de BD, installés sur un tabouret face à un immeuble vert et bleu, nous passons notre matinée à mettre en couleur un coloriage représentant la construction. Colorier en famille, quel moment simple…mais si précieux…

Le soir, nous nous dirigeons vers sur une grande esplanade face à la mer. Les spectacles lumineux rivalisent d’effets : spectacle de feux, fanfare luminescente, jeux de lumières sur les façades des bâtiments, femmes-papillon élégantes sur leurs hautes échasses…mais surtout ces marionnettes-chevaux lumineuses, aériennes, magiques. Il nous aura fallu aller en Malaisie pour découvrir cette fabuleuse troupe française, la Compagnie des Quidams !

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Un soir, nous retrouvons Vip, Alix et leurs fils, Kail et Rubben, famille londonienne croisée sur un ferry au Cambodge. Depuis plusieurs mois, nous échangions par mail, nous nous sommes croisés à maintes reprises avant d’enfin pouvoir nous revoir ! Nous discutons, voyages évidemment, autour de naans et curry de légumes et notre bonne accroche première se confirme, c’est vraiment une chouette famille que nous espérons revoir un jour, soit à Londres, soit en Bretagne !

A cup of tea? (Cameron Highlands du 8 au 10 juillet)

Une nouvelle journée de transport nous attend, direction Cameron Highlands et sa nature luxuriante.

Les pluies diluviennes des derniers jours ayant totalement embourbé les chemins forestiers, notre projet de randonnée tombe à l’eau (!!). La « forêt moussue », rareté écologique, nous tente bien mais le prix exorbitant de l’entrée nous dissuade…nous optons alors pour la visite Camaron Valley Tea House et bien nous en prend. Si la dégustation, un thé noir très infusé, ne nous convaint pas, nous savourons pleinement notre balade entre les plantations ondulées.

Malacca: des Milles et une nuits au tuk tuk de l’espace, du 5 au 8 juillet

Après un long périple depuis Singapour, de nombreux changements de bus, un taxi…c’est à minuit que nous atteignons enfin Malacca, notre première destination malaisienne. Le propriétaire de la guest-house s’étonne de cette arrivée tardive et se moque gentiment de nous : pour seulement quelques euros de plus, nous serions arrivés à 20h en bus direct ! On ne peut pas optimiser tout le temps !!

Cette petite ville touristique toute mignonne avec ses maisons colorées le long du canal, ses restaurants en terrasse, ses boutiques de souvenirs me plaît d’emblée. Après 6 semaines en Sulawesi, un peu de vie urbaine me fait du bien.

En journée, nous nous baladons le long du canal, traversons par hasard un festival culinaire et dépassons surpris deux tortues en balade !

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Le soir, nous jouons des coudes au marché de nuit, envahi de touristes, pour atteindre le stand des kebabs (le riz est devenu aliment non grata depuis quelques temps!!) et du granité à la mangue. Tout en croquant dans son shawarma, Sacha s’exclame « Qu’est-ce-qu’il est gentil le vendeur ! Normal, il est Turc ! ». Malgré les tuks-tuks de l’espace, nous décidons sagement de rentrer à pied.

SINGAPOUR : 3 au 5 juillet 2019

Par Manu pour les Nems

Nous quittons avec émotion l’Indonésie, conscients que nos prochaines étapes : Singapour puis la Malaisie seront l’amorce de notre retour vers l’Europe.

Nous survolons la Papouasie, impressionnés par le paysage monotone, mais très graphique que nous surplombons. Il s’agit, sur des milliers de km², de plantations de palmiers à huile, moi qui pensait que la Papouasie était une contrée sauvage, peuplée d’espèces rares, évoluant dans des forêts primaires…

Nous voici dans l’immense aéroport de Singapour. Au dessus de nous, une pancarte indique le temps de marche pour le terminal B : 19 minutes…19 minutes de marche entre les boutiques de luxe, certainement une des plus grandes galeries commerciales d’Asie.

Nous consacrons 2 jours à la découverte de la ville. La mosquée Masjid Sultan et son quartier musulman transformé en boutiques à touristes a un côté Disneyland, mais lorsqu’on s’éloigne un peu, on découvre, derrière les échoppes, des façades décorées de Street Art.

Little India est un vrai quartier indien, mais façon Singapour : c’est à dire très commerçant, propre, calme, peu pollué.

De même, le quartier de China Town propose une Chine sans les caméras, plus propre, plus détendue que celle de Pékin. De nombreux Chinois viennent s’encanailler ici, loin de chez eux, ils sont expansifs, rendant les rues bruyantes lorsqu’ils posent pour une photo dans des positions improbables.

Mais c’est vers Marina Bay, quartier moderne, dominé par un hôtel incroyable : 3 immeubles surmontés par une «coque» de plus de 100 mètres de long hébergeant une piscine à débordement que nous poursuivons. Mais comme on n’a pas les moyens de s’offrir une des 2500 chambres, direction le centre commercial voisin. Les enfants découvrent le prix du luxe, comme cette veste à 7000€ : «le prix de la voiture de maman+ celle de papa!», ou ces montres franchement tape à l’oeil où l’on cherche les aiguilles perdues au milieu des diamants, valeur unitaire : 137 000 Dollars.

Nous quittons le centre commercial, sa rivière artificielle et ses gondoles, pour découvrir un fabuleux parc : Garden By the Bay.

Un parc incroyable dominé par 19 supertrees, des arbres artificiels faits de tubes métalliques, végétalisés par des plantes grimpantes. L’effet est saisissant, surtout lorsqu’on parcourt la rampe à 15 mètres au-dessus de la canopée. A la nuit tombante, les supertrees s’illuminent puis c’est un son et lumières qui enchaîne sur des airs de Bizet, Gounod…magique!

Singapour nous aura montré une autre facette de l’Asie, une ville verte, riche, propre, calme, multiculturelle, on comprend pourquoi elle est une des destinations de prédilection des expatriés.

Nous quittons la cité-état en bus puis traversons la frontière à pieds, nous voici en Malaisie, à la gare routière de Jorod Bahru. Les bus ont été pris d’assaut en ce week-end, il ne nous reste plus qu’à affréter un Grab (le Uber asiatique) pour Malacca.

Bunaken : des tombants à tomber – 24 juin au 3 juillet

Par Manu pour les Nems :

Les enfants semblent avoir contracté la même infection que moi : ils ont des plaques rouges sur les jambes et à court d’énergie, une légère fièvre les a gagnés. De mon côté, les symptômes évoluent : outre une grosse perte d’énergie, j’ai maintenant les tendons d’Achille douloureux, et comme, de retour à Manado, on a eu la bonne idée de prendre une chambre au dernier étage, je gravis les escaliers en marche arrière, inutile de dire que les hôtes qui me croisent esquissent de gros points d’interrogation.

A l’hôpital, un panneau attire mon attention : «cette semaine, remise de 20% sur les examens». Chouette, c’est les soldes! Et vous avez une promo spéciale «famille»?

Dans la salle d’attente, où un papy joue du piano, nous croisons Mélissa, la stagiaire de Tumbak, venue passer des radios qui révèlent une deuxième hernie discale, qu’elle a décidé de traiter à son retour en France…dans 2 mois.

Pour nous, c’est moins grave : les analyses révèlent une petite infection, on repart avec les médicaments pour nous remettre sur pieds.

Nous passons une nuit supplémentaire à Manado, histoire de nous requinquer avant de reprendre la route. Nolwenn aurait rêvé de lieux paradisiaques pour son anniversaire, ça sera pour une autre fois. Nous profitons quand même d’une bonne table et décidons de renoncer à randonner jusqu’au cratère du Lokon. Demain, c’est décidé, direction Bunaken, le lieu parfait pour se reposer et profiter encore un peu des merveilleux fonds marins du triangle de corail.

Par Élise pour les NEMS :

Nous sommes à Bunaken depuis deux nuits ce soir ce sera la troisième. On passe notre temps à lire, manger, snorkler, rédiger, jouer au cartes ou autre chose et bien sûr les devoirs…

C’est une super guest house à deux pas de la mer avec hamac et de la bonne nourriture et bien sûr personnel très sympathique…. Le 3ième jour, nous partons pour un autre hébergement, de l’autre côté de l’ile.

Pour y aller nous prenons un bateau. Pareil : hamac, la nourriture est bonne… Mais les chambres sont plus confortables. Après avoir posé nos affaires, nous avons fait un très beau snorkling. Le soir nous avons dû nous coucher tôt parce que le lendemain c’était plongée!

Par Manu pour les Nems :

Au village, l’atmosphère est paisible : on construit un bateau en bois, on palabre, on va à la messe le dimanche, on pêche, on regarde les enfants jouer sur la plage…

Ce matin nous nous réveillons vers 7h. Après une première plongée où notre guide, passionné de macro, passe son temps à chercher de minuscules hippocampes qu’il ne trouvera pas, nous profitons pleinement de notre dernière plongée du voyage, sorte d’apothéose multicolore. Nous sommes ébahis par la richesse et la variété de la vie qui prolifère le long du tombant vertigineux. Nolwenn me fait signe : une raie aigle glisse quelques mètres en dessous de nous, tandis que notre guide en pointe une autre, 18 mètres plus haut, aux abords de la surface.

Le moniteur allemand qui accompagnait Elise, est aussi enthousiaste qu’elle : ils ont vu trois requins, au moins cinq tortues, des nudibranches…

De son côté, Sacha est très démonstratif, il faut le voir imiter le bébé requin qui s’abritait dans sa grotte…

Nous profitons d’un dernier coucher de soleil sur les volcans voisins, et après une journée de transit, c’est par le hublot de notre avion que nous dirons au-revoir à Bunaken et à l’Indonésie.

Le monde de Nemo (Tumbak, du 21 au 24 juin)

Yoan Parizot, biologiste français, habite en Sulawesi depuis près de 15 ans. Venu pour un stage, il s’est investi dans des associations humanitaires avant de connaître sa compagne et de fonder une famille. Passionné de fonds marins, il est devenu « jardinier de la mer ». Il « bouture » des coraux sur des cailloux tout autour des logements qu’il a construits, des maisons sur pilotis dans la tradition des maisons bajo, les gitans de la mer.

Nous passons 3 jours dans ces maisons, au milieu de l’eau, ravitaillés par bateau pour tous les repas. Mélissa, stagiaire pour 4 mois dans cet îlot au bout du monde, nous sert de « guide de snorkelling ». Passionnée, elle se contorsionne pour nous montrer nudibranches, mandarins et Némos. Des Némos, nous en verrons des centaines lors d’une sortie snorkelling avec Sacha.

Nous aurons aussi la chance d’apercevoir des dizaines de requins….

Entre deux snorkelling parmi des jardins de coraux colorés, nous papotons avec des voyageurs au long cours, Henri et Annabelle, Cédric et Laura et Mélissa.

Des plaques rouges et douloureuses apparaissent sur les jambes des enfants, ils manquent d’énergie, Elise a de la fièvre…Nous suspectons qu’ils souffrent de la même infection que Manu. Ce dernier n’est d’ailleurs pas très vif non plus, il rage de ne pas pouvoir profiter pleinement des fabuleux fonds marins à portée de palmes..mais le soir, il fait courageusement le guet…un locataire imprévu s’est invité sous notre plancher …

Un grand merci à Mélissa pour son enthousiasme et son crédit photos !