Requin Baleine et Hopital : du 18 au 21 juin

Par Manu pour les Nems.

Après avoir fini notre nuit sur le bateau à quai, nous voici à Gorontalo : la principale ville du Centre Nord de Sulawesi. Je pose le pied sur le quai et ressens une douleur à la cheville, mais bon, ça va passer…Nous posons nos sacs chez Harry et Mimin, une famille accueillante : Mimin est chaleureuse et toujours prête à rendre service pendant que son neveu guitariste, qui a repéré notre accent français, entonne «Jean Petit qui danse!». J’examine ma cheville douloureuse et l’exhibe à Nolwenn :

  • regardes, là, c’est gonflé, non?
  • Peut-être un peu, mon pôôôôôvre chéri!

Devant ce peu de compassion, je remballe ma douleur ; d’autant plus que je ne me suis pas tordu la cheville et n’ai pas subi non plus de morsure. Sûrement la fatigue d’une nuit trop courte, ou la chaleur écrasante dès le matin.

Gorontalo n’est souvent, qu’une ville de transit, mais à 10 kilomètres existe un lieu où on peut aller à la rencontre des requins-baleines : le plus gros poisson (4 à 15 mètres) peuplant les océans terrestres. Nous voici dans l’eau, équipés de masques et tubas à quelques mètres seulement du rivage, entourés de 3 bateaux mûs par des rameurs. Nous nageons à la recherche des animaux, vu leur taille, s’il y en a un qui se pointe, on ne devrait pas le louper! Tout à coup, remontant des profondeurs, une forme noire se rapproche, mais c’est énorme! Le poisson passe à quelques mètres de moi et se dirige vers Nolwenn et Elise. Je remonte, Nolwenn m’interpelle «tu as vu quelquechose?» ; je cache mon excitation et lui fait signe de s’immerger…elle se retrouve à quelques dizaines de centimètres face à la gueule de l’animal. La bouche doit mesurer 90 cm de large. Impressionnant. Puis le requin baleine poursuit son chemin, évitant d’une douce ondulation de toucher nos petits corps immergés. La peau noire du poisson est constellée de petits points blancs, sorte de voûte céleste propre à chaque animal.

requin baleine

Le moment est magique : observer ce spécimen (6 mètres de long) si gracieux est un privilège rare, mais au moment de repartir, nous sommes partagés : si le centre utilise des rames et a proscrit les moteurs pour préserver les animaux, force est de constater que les rameurs déversent quantités de nourriture pour attirer les requins-baleines, risquant ainsi de perturber le cycle migratoire d’une espèce menacée.

C’est sur ces questions éthiques dont nous débattons en famille que nous regagnons notre logis. Le volume de ma cheville a encore augmenté, mais bon, avec quelques médicaments, ça va passer…

Le 20 juin, c’est à 5H du matin que nous montons dans le taxi que nous avons affrété pour notre destination : l’embarcadère de Tumbak (10H de route au Nord-Est de Sulawesi).

La route est très sinueuse mais les paysages superbes. La forêt recouvre encore une grande partie de la région, les côtes sont préservées.

Malgré les médicaments, ma cheville est toujours douloureuse et des rougeurs sont apparues sur d’autres articulations. Notre location à Tumbak est sur pilotis, au dessus des flots et à 15 minutes de la côte et surtout à plus de 3H de route de l’hôpital de Manado ; aussi nous décidons de faire un détour par l’hôpital de Manado. Nous n’avons pas compris le diagnostic, mais nous repartons avec de nouveaux médicaments.

Nous traversons ensuite le nord de l’île, passons au pied du volcan Lokon, traversons des villages qui embaument les clous de girofles; qui sèchent sur des bâches à même le sol.

Nous voici enfin à destination : Tumbak.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s