La croisière s’ amuse

Nolwenn pour les NEMS

9 h du matin, à Keliki, sacs bouclés.
Depuis hier, on se tâte, on hésite… allongée sur le lit, je demande à Manu:

– « Bon, ce serait peut-être bien de savoir où on va aujourd’hui, non? »

-« Java? Le volcan Bromo, ça a l’air chouette quand même!  » propose ma moitié

– » Ouais, mais la croisière vers Florès, depuis qu’Elise et Arnaud nous en ont parlé en Géorgie, j’en rêve… »

-« Et les ruines de Boroboudur, à Java,ça ne vaut pas Angkor,d’accord mais elles sont impressionnantes. Et puis y’a le Bromo!! » »

– » Oui, mais pendant la croisière, on verra des raies manta, c’est ton rêve….on pourrait demander leur avis aux enfants? »

-« Ok, concède Manu, mais soit impartiale dans ta présentation ».

-« Moi, impartiale, réponds-je, outrée qu’il puisse douter de mon honnêteté intellectuelle, » évidemment que je serai impartiale, pfff.. Les enfants, venez, on a quelque chose à vous demander : vous préférez aller à Java, voir des vieilles pierres, se lever au milieu de la nuit pour escalader des volcans, d’ailleurs y’en a un trop dur pour vous, en plein ramadan? Ou alors profiter de 4 jours de croisière, voir des raies mantas, des dragons de Komodo, faire du snorkelling, vous baigner tous les jours en sautant du bateau??… La croisière, vous êtes sûrs? Alors c’est parti pour 4 jours en mer! Whaou! …par contre on partira demain, hein,à cette heure ci il n’y a plus de bateau pour Lombok.  »

Deux jours plus tard, nous voilà donc à bord du bateau qui relie Lombok Lubuan bajo (île de Flores) en 4 jours/3 nuits. En dehors d’un couple d’Australiens, nous sommes clairement les seniors, et les seuls francophones. La moyenne d’âge des 39 participants est d’environ 23 ans. Nous nous installons sur le pont couvert, sorte de grand dortoir aux matelas posés à même le sol.Le confort est spartiate mais suffisant. Notre crainte d’être à l’étroit vu le nombre de participants disparaît rapidement…le bateau est suffisamment grand pour accueillir tout le monde et le groupe se révèle très sympa. Mon anglais trop approximatif ne me permettra pas de participer aux conversations entre anglophones confirmés mais sera suffisant pour des échanges en petit comité.Le premier matin, je me réveille aux aurores. Seule ou presque j’assiste médusée au lever de soleil sur la mer…Quelques pancakes plus tard, une navette nous dépose sur une petite île, direction la cascade. Nous sommes loin d’y être seuls, ce n’est pas Biliran, mais la baignade y est sympa.Retour sur le bateau puis petit snorkelling. Après le repas de midi, le bateau se met en branle, une longue route nous attend jusqu’au « Manta point » prévu demain matin…entre la houle, le ronron du moteur et le vent sur le pont qui souffle sans cesse dans nos sacs en soie, le sommeil est difficile à trouver pour tout le monde. Vers 5h30 du matin, une secousse et un bruit sourd réveille l’ensemble des voyageurs, seuls deux trois irréductibles restent dans les bras de Morphée malgré l’excitation ambiante: le bateau s’ est échoué sur un banc de corail. Malgré les gazs à fond, on ne peut ni avancer ni reculer, et en plus nous sommes à marée haute…deux petites navettes essaient, sans succès et sans surprise, de nous tirer…heureusement, un autre bateau de la même compagnie vient à notre secours.Une corde cassée et plusieurs essais plus tard, notre bateau bouge, enfin!!! C’est sous un tonnerre d’applaudissements reconnaissants que notre bateau bienfaiteur finit pas nous sortir de ce mauvais pas. Le dernier dormeur ouvre alors un oeil et, stupéfait, se fait raconter notre mésaventure.Au final, plus de peur que de mal! Deux heures plus tard, masque sur le nez, tuba bien accroché nous sautons du bateau pour observer les fameuses rais mantas. Le courant nous emporte rapidement, nous scrutons, scrutons 5 puis 10, 20, 40 minutes….sans résultat. Les enfants, restés sur la navette en raison du fort courant, ne sont pas, plus chanceux….plus tard nous apprendrons à Lubuan Bajo que pendant 5 jours, fait exceptionnel, les raies ont fait leur timide. Toute la famille est déçue, Manu tout particulièrement dont c’est le rêve depuis longtemps. Sacha, philosophe, conclue « c’est la nature, ce n’est pas un zoo, on n’est jamais sûr de les voir ».Avant le repas de midi, deuxième moment très attendu de la croisière: la rencontre avec les dragons de Komodo! Ces énormes lézards, les plus gros du monde, vivent seulement dans quelques Îles d’Indonésie : Komodo, évidemment, mais aussi Rinca, Florès et guili .Un guide, branche bifide à la main pour éloigner l’animal si besoin, nous mène à travers l’île. Nous voyons un bébé komodo traverser une clairière pour aller s’ abreuver dans une flaque d’eau…

Vidéo bébé Komodohttps://youtu.be/9P9_CBxet4E

Un peu plus loin, le guide nous désigne un haut tas de terre. Il nous explique que que la femelle komodo y creuse un trou pour y pondre ses oeufs. Elle les couve 3 mois puis, après avoir creusé des trous « leurres » pour tromper les prédateurs. 6 mois plus tard, les oeufs sont prêts à éclore. Elles reviennent alors sur le lieu de ponte…pour avaler tout cru les bébés les moins vifs. Les plus rapides échappent à ce sort horrible en grimpant, par instinct, sur les arbres les, plus proches, à l’abri de la voracité de leur génitrice. Mais les prédateurs sont nombreux et seuls les plus vigoureux atteignent l’âge adulte. Les plus vieux pourront vivre jusqu’à 30 ans. Nous reverrons ces dragons, si intrigants, le lendemain sur l’île de Rinca.Au programme de cette croisière, nous avons aussi un magnifique snorkelling à Pink beach (de Pink, rose, la plage n’en a que le nom mais les coraux, les poissons multicolores, quel régal! ), un magnifique lever de soleil sur l’île de Padar, une dernière baignade sur un îlot perdu, une partie de carte avec une dizaine de voyageurs, des bronzettes improvisées sur le pont, laissant défiler la mer turquoise,les îles , des levers de lune rousse, des voies lactées surréalistes…Le port de Lubuan Bajo et ses toits en tôle rouillée apparaît déjà…une dernière photo de groupeet nous montons dans un bento, taxi-bus local, pour nous rejoindre notre homestay à l’écart de la ville.

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