Du 14 au 15 février…ou l’on découvre l’anagramme de Hoi An

Par Manu pour les Nems

Il est minuit lorsque nous atterissons à Hanoï, la capitale du Vietnam. La guesthouse devait nous affréter un taxi, mais personne ne nous attend…qu’à cela ne tienne, nous prenons le deuxième taxi venu : pas le premier, celui qui raccole et parfois vous colle, non, nous notre truc, c’est le suivant, celui qui est resté bien sagement dans son véhicule. Une demi-heure plus tard, nous franchissons le seuil de la Guesthouse. Comment ça « no booking » à notre nom, mais si, « j’ai réservé une chambre, on a même echangé des mails avec votre collègue pour qu’ils nous envoient un taxi…qui n’est d’ailleurs pas venu! ». Sans perdre patience, mais avec un peu d’agacement (il se fait tard), je montre au jeune homme la confirmation de ma réservation, « voyez, c’est écrit là ». Et lui de me répondre sereinement, comme un vainqueur sur de son fait, qui ne cherche pas à humilier l’adversaire : « oui Monsieur, mais c’était pour le 14/03, pas le 14/02, dois je annuler »… »Euh oui, vous pouvez, et puis le taxi aussi… et sinon cette nuit, il vous reste quelque chose? »

Après recherches, l’hotelier nous trouvera ou dormir. Bien que séparés de leurs parents, Elise et Sacha regagnent leur dortoir sans rechigner. Nous nous disons qu’ils sont maintenant de vrais routards en herbe, même si des esprits chagrins pourraient y lire un empressement à s’ éloigner de la férule parentale

Le lendemain est consacré à la préparation des visas pour la Chine. En effet, nous avions renoncé à l’Iran et à l’Arménie pour des raisons liées au camping-car. Nous avons donc 45 jours de « rabe ». Depuis plusieurs mois, la Chine nous intrigue, nous attire, même si le comportement des touristes chinois nous a parfois attéré. Après 3 mois d’Asie du Sud Est, nous souhaitons aborder une culture différente, avec la Chine, même si on appréhende un peu, sur ce plan au moins, on ne devrait pas être déçus.

Pendant ce temps, les enfants apprécient la Guesthouse, son ordinateur à disposition et ses espaces communs favorables aux rencontres. Nous échangeons avec Élisabeth, assistante sociale retraitée, passionnée de voyage, qui part 6 mois sur les routes d’Asie et d’ailleurs tous les ans. Nous croisons également dans la rue Renan et Michèle, couple de brésiliens avec lesquels nous avions passé la fête du Têt à Dalat. A la demande des enfants, nous passons une soirée avec deux autres familles voyageuses qui proposaient un point de rencontre sur Facebook. La soirée est animée, difficile en quelques heures, de poser toutes les questions, de parler de tout ce qu’on a envie de partager, mais là n’est pas l’enjeu. On passe une excellente soirée et les enfants ne sont pas pressés de rentrer.

Ces soirées sont toujours l’occasion de découvrir des trajectoires originales comme celle de ce créateur et chef d’entreprise qui s’offre une pararanthèse d’un an en famille. A leurs retour, c’est décidé, le couple montera un restaurant solidaire qui proposera des petits plats à pas cher car comme en Asie, « aller au restaurant doit être accessible même aux plus modestes ».

La ville est, à l’image du pays, une terre de contrastes. Entre deux rangées d’immeubles de 2 ou 3 étages séparés de quelques mètres, se niche une ligne de chemin de fer qui sert de rue entre deux trains. A l’intérieur, dans la pénombre, on imagine les meubles qui tremblent à chaque passage de locomotive. Quelques mètres plus loin deux Lamborghini sont garées sur le trottoir…Au bout de la rue, comme un peu partout au Vietnam, un portrait d’Ho Chi Minh, le héros national, entouré du drapeau national et du drapeau communiste, rappelant si besoin la nature du régime en place.

Nous repasserons dans la ville le 28, pour une dernière soirée. La ville est en émoi : elle accueille une rencontre au sommet entre Kim Yong Un, leader maximo de la Corée et le brillant président étasunien. En soirée, alors que je ramène quelques courses, je rejoint la foule des Vietnamiens qui attendent le passage du cortège présidentiel. Je repars et manquerais finalement le convoi de quelques minutes. C’est certain, toute ma vie, je maudirais ces foutus minutes qui m’auront fait manquer la vision furtive de ces 2 grands hommes.

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