Fête du Têt à Dalat ( du 3/02 au 6/02)

NOLWENN pour les NEMS

Pour atteindre Dalat, nous transitons quelques heures par Ho Chi Minh Ville, anciennement Saïgon. Je me revois, petite fille dans la cuisine de ma mamie au Guilvinec, écoutant ses récits de « Papi à Saïgon ». Mais de cette ville mythique, aux évocations si riches, nous n’en verrons que la gare de bus…de nuit. En effet, le Vietnam est si vaste qu’il faut faire des choix. Les grandes villes étant rarement notre tasse de thé, nous zappons donc Ho chi minh Ville.

Vers 23h30, nous montons dans le « sleeping bus » et nous installons pour la nuit. Il faut savoir qu’au Vietnam, ils conduisent « au klaxon » et notre chauffeur se révèle expert en la matière.

A 3h30 après des virages à donner la nausée, des freinages intempestifs et des « pouets-pouets »aussi stridents que fréquents, le bus s’arrête, toutes lumières allumées. Une pause-pipi nocturne? Que Nenni! C’est le terminus. 4h de trajet au lieu des 7h30 annoncés, beau score!

Une navette nous dépose donc vers 4h du matin devant notre guesthouse. Aucun signe de vie, normal me direz vous à cette heure là…un peu inquiets, nous toquons une fois…rien…une deuxième fois…et là, à notre grand soulagement, le gardien nous ouvre la porte. Toutes les chambres sont prises, le hall est envahi de scooters…mais rien n’empêche Sacha de finir sa nuit.

Un demi-Camilla Lackberg plus tard (non ce n’est pas une bière locale mais une série de polars que je lis en voyage), il est déjà 8h et nous partons à la recherche d’un café ouvert. Est-ce le banh mi (sandwich vietnamien) qui est lourd à digérer? Ou la courte nuit qui se fait sentir?..mais dans la matinée, ma p’tite famille perd de sa superbe…

Après cette sieste improvisée, nous prenons un taxi en direction des cascades et de leur roller-coster, sorte de luge d’été. Si les cascades ne nous emballent pas vraiment, les enfants adorent la descente à fond les ballons et nous supplient de recommencer. Je refuse tout net mais l’espoir des enfants renaît quand ils aperçoivent Manu s’ approcher de la billetterie « c’était génial les enfants,non? On recommence ? »Rollercoaster à Dalat

Le matin, Manu nous avait prévenus: « cette après midi, je vous emmène dans un bar spécial, il faudra prévoir du temps ». Arrivée au comptoir du 100 Roof Bar, je commande un verre de vin blanc (bon je sais il n’est que 16h30, mais ce n’est pas plus cher qu’un soda, c’est une spécialité locale et en plus je n’en ai pas bu depuis plusieurs mois)….donc me voilà mon verre à la main. La serveuse me conseille de le boire durant la visite car elle sera longue. Sceptique mais docile, je suis ses conseils et descends quelques marches…et découvre l’univers totalement fou de l’architecte Dang Viet Nga, fille de l’un des bras droit d’Ho Chi Minh. Entre le Facteur Cheval, le Seigneur des Anneaux, Jules Vernes et Alice aux Pays des Merveilles, les sculptures, fresques remplissent les murs; tel un labyrinthe, les espaces se succèdent, reliés par une petite porte, un étroit couloir, une volée de marches… même le jardin étagé détient sa part de surréalisme. Sacha choisit de faire ses devoirs dans une jungle luxuriante, Elise préfère une petite table du jardinet, sous le regard étonné d’un arbre tout tordu.

Nous faisons aussi un tour à la gare de Dalat. Construite dans les années 20, elle a un petit air de vacances à Deauville. Pour le plus grand plaisir des enfants, on peut même, pour un instant, faire le chef de gare.

Ce matin, jour du Têt, nous enfourchons nos bolides en direction du lac et du temple qui le surplombe. Sur le trajet, Elise s’extasie sur les tenues des familles en scooter. Les femmes, en amazone, portent robes courtes, collants et talons hauts, les fillettes sur leurs genoux cachent sous leur doudoune des « robes qui tournent » et les hommes rasés de près tentent de ne pas froisser leur costume. « Ca met de l’ambiance Maman, tu trouves pas? On devrait faire pareil à Noël chez nous, dans les voitures, on nous voit pas! »

Arrivés au temple, nous sommes surpris par l’embouteillage sur le parking. Dalat est une destination prisée par les Chinois pour le Têt et les familles sont nombreuses à venir prier au temple. Après quelques bâtonnets d’encens et quelques instants de recueillement, elles se promènent dans les jardins fleuris qui dominent le lac et, fidèles à leur réputation,… se prennent en photo!!

Déambulant tranquillement dans les allées, nos pas nous mènent à une cour, qui ressemble fort à un restaurant. Une dame, tout sourire, nous fait signe de nous asseoir. Elle nous libère 4 sièges, nous remplit 4 petits bols de riz et nous tend des assiettes de tofu, de daikons marinés (radis blanc), de gâteaux de riz étrangement verts….un homme qui parle bien anglais nous explique qu’en ce jour de fête, le monastère offre le déjeuner! Le petit déjeuner n’est pas très loin, mais impossible de refuser, d’autant plus que les plats sont délicieux. Après des échanges, mélange d’anglais, sourire et gestes, nous disons au revoir à nos voisins de tables, ravis de ce moment de partage inattendu.

Puis nous longeons les rives du lac et dénichons l’endroit idéal pour se poser et faire les devoirs : un petit bar au bord de l’eau, fait de cabanes en bois, de pontons branlants, d’attrape-rêves en crochet….ne serait ce le café, si fort qu’il n’est buvable que dilué comme toujours au Vietnam, et les plantations de thé sur les versants opposés, on pourrait se croire en villégiature en Suisse: ses lac, ses pins…

A notre arrivée dans la guesthouse, le propriétaire nous interpelle: « reposez vous jusqu’à 18h, puis descendez manger. Pour le Têt, tout est fermé. Je vous offre le repas ». C’est évidemment tout sourire que nous descendons à l’heure convenue. Autour de la table, les autres convives sont déjà installées : le propriétaire, son père et les autres voyageurs. La propriétaire nous a cuisiné un réel festin : soupe, charcuterie, salades, et même des frites pour les enfants. Le coca-cola et les bières sortent comme par magie du frigo. En dessert, du nougat et le fameux gâteau de riz, cuit seulement pour le premier de l’an. Les bières, puis l’alcool local, délient les langues, la conversation coule facilement dans cette tablée, composée de Français, nous, d’Anglais, de Brésiliens, Renan et Michèle en voyage depuis 3 ans, sans réelle date retour, et évidemment de nos hôtes. Le propriétaire porte toast sur toast, le papi nous sourit beaucoup et pose fièrement lors des photos de fin de banquet.

Elise et Sacha s’ essaient à l’anglais avec les autres voyageurs. « On adore cette soirée »me glissent-ils doucement. En vrais baroudeurs, ils ressentent déjà ce qui fait l’essence, la magie du voyage…

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