Potes, compote, Kampot 27-30/01

Par Manu pour les Nems

Nous débarquons à Sihanoukville que nous traversons rapidement. La ville est devenue un vaste chantier chinois ; nous aurons le temps d’admirer quelques-uns des cent casinos implantés pour les émigrés de l’empire du milieu. La Chine a investi fortement la zone : d’abord dans les usines de textile, et plus récemment dans les grandes infrastructures et le tourisme. Nous nous installons dans une guesthouse très sympathique : une petite paillote sur pilotis entre les bananiers et les Palmiers (moustiquaire indispensable). Nous y passerons 3 jours agréables, rejoints par nos potes finistériens Brieux, Lucie & Cie rencontrés à Siam Reap.

Dans les rues de Kampot, pas mal d’expatriés, mais aussi…un camping-car immatriculé en France. Nous faisons connaissance avec Clémentine, Amaury et leurs 4 filles qui ont traversé l’Asie Centrale et la Chine avec le véhicule : respect! Nous passons une soirée sympathique à échanger sur nos parcours, nos découvertes…et nous rendons compte que nos deux familles ont un point commun : être partis en 2004 en couple et repartis en 2018 en camping car avec les enfants, sur des routes souvent parallèles, il était logique qu’on finisse par se croiser.

Le deuxième jour nous louons des scooters, direction « la plantation » ; nous roulons au milieu d’un paysage agréable de rizières bordées de palmiers. On évite au maximum la grande route passagère. Sur la piste, nous sommes très prudents car le chemin est parsemé de gravillons. Visiblement ça n’est pas le cas de tout le monde car je croise un scooter qui roule à vive allure. « Manu, Manu », c’est Nolwenn qui roulait derrière moi : son scooter est à terre, heureusement rien de grave. Le chauffard croisé a glissé dans le virage, mais a eu la bonne idée de ne toucher le scooter qu’en fin de course « ça à fait comme au bowling » m’explique Élise. Nolwenn et Élise se relèvent indemnes.

Prise par l’émotion, Nolwenn relève le scooter mais oublie qu’il est en marche…nous assistons alors à une scène cocasse : le scooter démarre en trombe, Nolwenn surprise s’accroche aux poignées les bloquant pleins gaz…et le scooter termine sa course dans un petit plan d’eau, nous admirons alors la silhouette casquée emportée puis stoppée dans son élan effectuer un improbable mouvement de balancier sur son guidon, semblant hésiter entre un sage retour en selle ou un plongeon direct dans les nénuphars. L’anatomie de ma belle la ramènera finalement sur son séant.
Les pieds dans la vase, c’est avec l’aide d’un paysan que nous parvenons non sans difficultés à extraire le deux roues de la mare. Nous craignions que le bras ensanglanté du chauffeur du scooter soit un peu en compote mais à l’examen, la blessure s’avère superficielle. Le jeune homme est toujours préoccupé par l’avion qu’il ne veut pas rater, raison de sa vitesse excessive, et reprend le guidon de sa bécane bosselée après avoir recouvré ses esprits.

Ces émotions passées, nous reprenons la piste et parvenons à notre destination : « La Plantation » – comprenez une des plantations de poivre qui ont fait la renommée de Kampot. Une des deux seules régions du monde à détenir une AOP pour le précieux épice. La visite guidée est passionnante. Les poivriers s’ étendent sur 50 hectares. Le poivrier est une liane originaire du Kerala (Inde). Dans la nature, elle atteint 15 mètres, mais ici elle culmine à 4 mètres, ce qui n’est déjà pas si mal pour une récolte manuelle.

Les 150 employés auxquels se joignent autant de saisonniers ont recolté 12 tonnes de la précieuse baie.

Nous découvrons également l’étonnant poivre long originaire de Java ainsi que le fameux poivre des oiseaux (50 kilo seulement/an-300 euro/kilo) : des graines avalées par des volatiles dont les enzymes n’attaqueront que l’écorce et donneront un goût unique aux baies…celles-ci seront recueillies dans le guano, lavées, séchées et prêtes à être consommées par un homo-sapiens. L’histoire ne dit pas si des oiseaux ont tenté l’expérience inverse…

Dans le potager, les enfants apprendront qu’un plant d’ananas ne donne qu’un fruit par an, que le fruit du dragon est issu d’un cactus et que le curcuma est une racine.

Plans d’ananas (ci-dessus), de fruits du dragon et fruits de la passion.

Nous passons à la dégustation, et là, on est sidéré par la palette de goûts proposés : du poivre rouge, floral, au poivre noir très « vif » en passant les baies récoltées avant leur maturité…que nous appelons logiquement poivre vert…le poivre long si surprenant…

Le seul souci, c’est que le palais, mais surtout la langue saturent vite. Et il faut de très longues minutes pour éteindre le début d’incendie déclenché par l’addition de quelques poussières grises. Mais c’est deux jours plus tard, dans la ville voisine de Kep que nous apprécieront pleinement la puissance du poivre local en allant goûter à la spécialité : les crabes au poivre vert de Kep. Peut-être mon plat préféré depuis 6 mois de voyage : le genre de truc pour lequel tu vendrais n’importe qui pour pouvoir en manger à la cantine tous les jours.

Après avoir commandé sur un des stands « crabe » du marché, on avait donné notre sac d’étrilles locales à la tenancière d’un stand « j’vous cuis vos crabes », et là, la voyant empoigner les bestioles vivantes pour les couper en deux avec ses ciseaux, on avait eu un petit regret, il faut bien l’avouer…mais ça, c’était avant d’avoir goûté…

Une réflexion sur « Potes, compote, Kampot 27-30/01 »

  1. Je tente ma chance pour un commentaire car les caractères doivent correspondre à du sanscrit ou autre alphabet qui m’est complètement inconnu !! … Juste pour vous remercier à nouveau de vos belles photos et admirables commentaires qui font envie. J’ai bien apprécié les péripéties de Nolwen qui a choisi de s »adonner aux sports mécaniques dans une région si lointaine !! Heureusement sans bobos. A bientôt avec plaisir !!! Yann

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