Hpa An du 16 au 20 décembre

De Manu pour les NEMS

Après une journée de transition : devoirs, blog, organisation des étapes futures…place à l’exploration des alentours de Hpa An.

Nous passons 3 jours à arpenter la campagne entre rizières, pics karstiques en forme de pains de sucre, et grottes.

Nous voici dans un village Karen. Les maisons traditionnelles sont toutes faites de bambou tressé, le tout monté sur pilotis. La campagne autour est superbe : rizières, palmiers et pics karstiques. Les seules villageoises présentes, visiblement occupées à faire bouillir les marmites pendant que le reste du hameau s’active aux champs, nous invitent à traverser le village. Un homme arbore un Tshirt  » vive l’état Karen  » avec en guise de logo une kalachnikov, rappelant que la région est sporadiquement secouée par un mouvement indépendantiste depuis 60 ans.

Actuellement, la situation est calme, c’est avec les populations musulmanes de l’Est du pays que le gouvernement à maintenant maille à partir. Le conflit avec les rohyngas, musulmans réprimés par la majorité bouddhiste et renvoyés sur la terre de leurs ancêtres au Bangladesh, est toujours en cours. Les réfugiés s’ entassent dans des camps de fortune aux abords de la frontière. La communauté internationale condamne régulièrement le gouvernement du Myanmar et l’image de l’icône An San SuKyi, ministre et porte parole du gouvernement est fortement ternie. Il faut dire qu’en restant muette sur le sujet, celle-ci semble cautionner la répression. Une discussion avec John, un expatrié américain me donnera une autre vision du rôle de la « dame de Rangoon » : celle ci est certes devenue leader du pays. Cependant, en se mettant en retrait a partir de 2016, la junte jusqu’alors au pouvoir a pris soin de garder de nombreuses prérogatives : 25% des députés inamovibles, ministères de l’intérieur, de l’armée et des frontières, sans compter le contrôle des nombreuses entreprises d’état…John me dit comprendre la position d’An San SuKyi : si elle intervient, l’armée pourrait se servir de l’occasion pour reprendre les rennes du pays, mettant ainsi un coup de frein à l’ouverture esquissée ces dernières années…à voir…

Nous poursuivons notre exploration des environs. Les grottes sont aussi des lieux de culte, peuplés de bouddhas qui invitent à la méditation.

La pagode Kyauk Ka Lat, intégrée à un monastère semble tenir dans un équilibre improbable, perchée sur son piton rocheux. En contrebas, de jeunes moines, que j’appelle affectueusement « moineaux », nourissent d’énormes carpes puis leur caressent les flancs. Ces poissons étant sacrés, ils prospèrent inlassablement. Nous imitons les moines, drôle de sensation que celle de nos mains sur leurs écailles gluantes, et lorsque la plus gourmande (70cm) et sa bouche goulue vient aspirer le doigt d’Elise, c’est un « sacré » fou rire qui s’ empare de nous.

Au coucher du soleil, nous nous postons à la sortie de la Batcave. Tout à coup des centaines de milliers de battements d’ailes : un flot incroyable de chauves – souris sort de la caverne. Trois rapaces postés au dessus de l’ouverture fondent sur leur victime. Les autres chauves souris peuvent aller chercher leur nourriture toute la nuit, les vautours rassasiés, le danger s’éloigne. Le flux continue pendant plus de 20 minutes, spectacle fascinant et magique.

Nous traversons la rivière pour escalader le mont qui domine la ville. De futurs mariés posent pour leur photo de mariage, nous constatons que les codes vestimentaires ne ressemblent pas aux nôtres.

Nous terminons notre journée par le marché de nuit, plus grand restaurant à ciel ouvert de la ville. Une femme, visiblement francophone, semble hésiter à tester les crêpes locales. Ayant testé la veille, je me permet un « vous pouvez y aller, elles sont délicieuses ». La conversation s’ engage et lorsque Nolwenn informe Manali, la fille de ce couple d’Ariègeois que nos deux enfants de son âge sont derrière nous, son visage s’ illumine. S’ensuivent deux soirées sympathiques à se remémorer nos vies passées et évoquer nos chemins futurs. Une très belle rencontre pleine de bonne humeur. Nous suivons des chemins parallèles et resterons en contact avec Laetitia, Jean Pierre et leur fille.

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