Un, deux, trek, Inle ( du 1er au 3 décembre )

Nolwenn pour les NEMS

Pour la troisième fois en un mois, nous réorganisons nos sacs à dos, laçons nos chaussures de randonnée et partons en trek. Accompagnés de Kalea notre guide nous projetons de rejoindre le lac Inle en 3 jours et 50 km.

Kalea nous prévient que le chemin monte toute la matinée. Arrivés dans notre premier homestay pour le repas de midi, nous sommes presque déçus! Habitués aux dénivelés népalais, nous avons à peine senti la montée!

Déchaussés, nous montons dans la maison sur pilotis par un escalier extérieur en bois. Dans la salle à manger, posé sur une table basse, un thé vert nous attend. Nous le sirotons tranquillement, profitant du léger courant d’air qui traverse la pièce. Nous faisons bien attention à ne pas diriger nos plantes de pieds vers Bouddha, qui trône dans un petit temple, comme nous l’a bien explicité Kalea. Le propriétaire du lieu monte quelques instants. En s’aidant de gestes, de quelques mots d’anglais et des photos exposées sur les murs, il nous raconte sa vie et celle de sa famille.

Nous comprenons qu’il est né dans le nord du pays, qu’il a vécu à Singapour et, surtout, qu’il est très fier de son petit fils moine. Il est interrompu par notre guide/cuisinière qui revient portant un plateau chargé de victuailles,soupe/salades/ pâtes et fruits…Face à nos compliments, Kalea nous avoue qu’elle rêve d’ouvrir un restaurant. Tout au long du trek, nos papilles seront à la fête : salade de fèves de soja frites, salade de tomates frites, soupe de pâtes, aubergines au curry et même un soir, pour le plus grand plaisir d’Elise, nougatine!

Après une petite sieste digestive, nous reprenons la route. Nous traversons des rizières dans lesquelles les agriculteurs travaillent en famille. Les enfants font la sieste sous des tentes de fortune. Le riz cultivé ici ne nécessite pas d’eau mais est totalement indigeste pour nos estomacs d’Occidentaux.

Kalea nous propose de nous arrêter quelques instants chez ses parents. La pièce de vie est dénudée, au centre le foyer sur lequel bouille l’eau du thé. Son petit frère fait une apparition furtive, juste le temps d’attraper son téléphone portable pour y jouer quelques instant. La jeune fille nous explique qu’elle habite chez sa grand mère depuis le décès de son grand-père. Elle n’a jamais quitté sa région mais rêve de visiter son pays avec sa meilleure amie. Elle avait réussi à réunir la somme suffisante mais son frère a eu un grave accident de moto. Toutes ses économies ont servi à payer les frais médicaux. A l’époque, elle était obligée d’enchaîner les treks, parfois jusqu’à l’épuisement. Suite à une erreur médicale, son frère est resté handicapé et reste à la charge de ses parents. Étant le seul soutien de famille, Kalea a peu d’espoir de se marier.

Le soir, bien fatigués par leurs 18 km de marche, les enfants s’affalent sur les matelas posés à même le sol.

Manu et moi allons nous balader dans le village et Manu s’ engage dans une partie endiablée de chinlon. Le chinlon est un subtil mélange de foot, balle en osier tressé qui se joue au pied, et de volley, point marqué lorsque la balle passe au dessus du filet et touche le sol adverse.

Le lendemain matin, je m’installe sur le balcon, tasse de café à la main. Par la porte entrouverte, j’aperçois Kalea, assise en tailleur dans un rayon de soleil, qui s’ applique du thanaka sur les joues et le front (cf article à suivre sur Bagan). Dans la lumière du petit matin, les enfants partent à l’école, sacs en bandoulière. Petit moment magique, hors du temps.

Durant la journée, nos pas nous mènent à travers des champs de sésame, aux petites fleurs jaune éclatant et des plantations de gingembre.

Kalea nous explique que le gros gingembre sert de condiment culinaire tandis que le petit gingembre a des vertus médicinales. Cuit dans un bouillon avec des crabes de rivière, il redonne des forces à la mère qui vient d’accoucher et favorise la lactation.

Statufié, Sacha appelle Manu: »Papa, y’a un truc vert près de ma chaussure ». Recherche faite, Sacha a failli marcher sur un « crotale des bambous », serpent vert pétant, de 40 cm, à la tête plate……et venimeux…..si vous en croisez un, passez votre chemin!

Nous traversons des villages Baos. Les femmes sont encore vêtues de la tenue traditionnelle, toute en noir et portant un fichu rouge sur la tête. Les cours sont tapissées de piment rouge pétant séchant au soleil. Les maisons en bambou, qui doivent être refaites tous les 10 ans, laissent peu à peu place aux maisons en dur, mais seulement pour les plus foyers les plus aisés.

Notre dernier homestay donne sur un monastère mais surtout sur la « maison des jumeaux ». Les deux chenapans, âgés de 2 ans maximum, sont inséparables et se baladent, cul nu, dans le jardin. Il faut les voir dans les rues du village, tirés par leur père dans un chariot fait maison! (un tonneau coupé en deux, posé sur une planche en bois à roulette et le tour est joué.)

Le lendemain, nous partons de bonne heure car la matinée s’annonce longue, 12 km à parcourir avant la pause déjeuner.

De banians en cactus, de rochers en moustiques, de pauses tourista en genoux bien éraflés, nous voilà vers 13h30 à destination. Après avoir dit au revoir à Kalea, nous suivons notre conducteur de bateau. Nous grimpons dans notre embarcation et découvrons, totalement sous le charme, le lac Inle. Mais ça,c’est une autre histoire que je laisse Elise vous conter.

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