De Kathmandu à Yangoon – 26/11 au 29/11 – par Manu

Après un dernier tour de Bhaktapur, taxi pour l’aéroport de Kathmandu. Notre vol pour Bangkhok survole la Birmanie, on gagnerait du temps à sauter en parachute, mais les liaisons aériennes sont parfois impénétrables et nous passons une courte nuit de transit à Bangkok. Pour une fois, nous avons réservé un hôtel, près de l’aéroport car notre prochain avion part à 5h du matin. Nous donnons le nom de l’auberge à un premier taxi Thai, mais le prix nous paraît exorbitant pour parcourir 3 kms. Deuxième tentative, même résultat. Nolwenn tente de négocier, rien à faire, « for 40 kms, that’s the price! »…comment ça 40 kms??? vérification faite, l’hotel est bien à l’autre bout de la ville : près de l’autre aéroport! Et nous ne savions pas qu’il y en avait deux…

Nous trouvons finalement un autre établissement à proximité de notre transit. A 4h du matin, nous longeons un petit marché pour regagner notre vol. Les exposants installent fruits et légumes. Une dame veut décharger étais et barrières de son pick up, mais, maladroite, fait tomber 2 étais en acier du plateau au moment ou le mollet d’Elise passe par là! Aïe aïe aïe! pas trop le choix, il faut marcher, l’avion n’attendra pas. Après avoir essuyé quelques larmes (pour Élise), et quelques gouttes de sueur (pour nous), nous arrivons à temps pour notre avion, le mollet douloureux se remettra vite, ouf!

Nous voici à Rangoon, première impression : il fait chaud : le thermomètre affiche déjà 30 degrés, deuxième impression : le pays nous semble plus developpé que le Népal (en tout cas Yangoon), 3ième impression : les birmans semblent accueillants et détendus. Nous nous installons à Lotus B&B, où les propriétaires sont aux petits soins puis direction la pagode Swedeagon, monument incontournable de la ville.

On accède par un escalier monumental, puis nous parvenons au pied de l’énorme pagode entourée de multiples stupa, temples…Ça prie, ça psalmodie, des moines se promènent en servant parfois de guides…Comme à Bodnath il y a quelques jours, les pélerins tournent autour du monument doré, allument des bougies et de l’encens, le tout conférant au lieu une atmosphère magique au coucher du soleil. Les birmans acceptent avec plaisir que nous les prenions en photo, mais ils ne sont pas en reste et nous devancent parfois en nous demandant de poser pour leurs clichés. A chacun son exotisme.

Le site existe depuis 1400 ans, il aurait été bâti pour abriter 8 cheveux de Bouddha. La stupa culmine à 99 mètres, elle est incrustée de multiples pierres précieuses (le sol du Myanmar en regorge) : 5448 diamants, 2317 rubis et saphirs, et oui, on a compté! Enfin « on » c’est pas nous. Pour une première pagode, on est subjugués par l’ambiance et la richesse du site.

Nous finissons notre journée par China town, le quartier chinois, avec ses minuscules échoppes sombres, ses rues sales sans trottoir…et d’un seul coup des restaurants, des tables, des chaises en pleine rue. Viandes et poissons sont exposés derrière les vitrines réfrigérées, on choisit, un coup de barbecue et c’est prêt.

Au fait, Yangoon n’est plus la capitale depuis 2006, vous le saviez vous? nous pas. La junte au pouvoir à l’époque décidait en 2006 de créer une nouvelle Capitale : Nay Pyi Daw. Aux dernières nouvelles, le village est devenu une ville de 900 000 habitants. Nous sommes à Rangoon et quoi de mieux pour avoir un aperçu du pays que de faire un tour de la ville. Direction la gare ou nous achetons (0,60 €) nos tickets pour le Circular train. La boucle fait 45 kms, à travers la ville, ses faubourgs et la campagne environnante. La gare est dans son jus, pour peu, on se croirait dans un film de la fin de l’époque coloniale : architecture, train, chapeaux chinois…seuls les portables vissés aux oreilles birmanes nous ramènent a nos jours.

Par la fenêtre du wagon, c’est un autre film qui défile. Au delà des rails qui servent aussi de décharge, les quartiers résidentiels font place aux artisans, fabricants d’accessoires bouddhistes destinés aux temples : bouddhas, stupas, motifs floraux sculptés, fleurs de lotus…Le tout doré, ça étincelle. Les banlieues cossues (tout est relatif) succèdent au centre ville, puis nous longeons des villages et zones de culture maraîchères.

Dans de larges wagons aux banquettes rudimentaires, quelques locaux ont embarqué, rejoints à chaque arrêt par d’autres, les bras souvent emplis de marchandises variées. Un vendeur ambulant s’assoit et confectionne son plat en kit : nouilles, légumes émincés, sauce… quelques cacahuètes et la poudre de piment viennent agrémenter le tout. Les ingrédients rassemblés sont malaxés par d’habiles mains gantées et le tour est joué. Nolwenn, ne résiste pas à la tentation : salade de mangue verte pimentée. Elle regrettera sa gourmandise pendant plusieurs jours…Plus loin, deux enfants asiatiques font, (comme souvent au Népal) systématiquement craquer toute la famille. Une femme porte un plateau de tranches de pastèque sur la tête, une autre pousse un énorme sac rempli de sacs plastiques. Au marché, le film s’accélère soudain : sur le quai, une quinzaine de birmans balance à toute vitesse leurs victuailles par les fenêtres et se ruent dans les wagons, l’arrêt est très court, mais tous ont pu monter à bord. La plupart des hommes porte de longues jupes droites aux brodages délicats. Le longhi est un sarong noué en triangle autour de la taille.

Après 3 heures, les 45 kms de la boucle nous ont ramené à la gare principale. Sur le quai, d’autres voyageurs attendent la séance suivante pour embarquer, perpétuant le mouvement depuis 1954.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s