Eceabat – Gallipoli du 21 au 22 octobre

Manu pour les Nems

Nous repartons de bon matin, direction plein Nord pour regagner la Grèce où nous chercherons un hivernage pour Loukoum. Nous passons de Canakkale à Eceabat en traversant le goulet qui sépare la mer de Marmara de la mer Égée. Grâce à l’appli Park4night nous découvrons un lieu de bivouac atypique. Le Boomerang est un café bar au bout du port. A l’extérieur un parking -vue mer- ou l’on gare loukoum, à droite du bar une caravane qui prend l’eau et sert d’atelier au tenancier. En surplomb un énorme panneau à la gloire d’Atatürk héros militaire et fondateur de la Turquie moderne.

L’intérieur est décoré de bric et de broc, l’ambiance n’est pas sans nous rappeler certains rades bretons. Ça rigole, ça parle fort, ça chambre, ça écluse dans une atmosphère enfumée. Le patron chatouille Sacha dès qu’il en a l’occasion et nous nous joignons au petit groupe d’habitués qui squatte le comptoir. Une femme gouailleuse entame la conversation :

-Hello Bonjour

-hello bonjour, Vous parlez français?

-No,sorry, English ; « Bonjour » it’s my name!!! =>(Bunjur : CQFD).😂😂😂

Sans en connaître la cause en ce lieu flotte un doux parfum libertaire et bien que nous n’abordons pas la politique, nous nous sentons loin de la Turquie conservatrice du Président Erdogan.

Nous repartons aussitôt pour visiter le musée consacré à la bataille de Gallipoli plus connu chez nous sous le nom des Dardanelles. Ce chapitre de la Première Guerre mondiale est peu enseigné sous nos latitudes et pour cause, puisque c’est une défaite. En résumé : les Anglais de Churchill alliés des Français décidèrent d’ouvrir un nouveau front au sud en 1915 afin de donner accès aux Alliés russes aux routes et mers du Sud. Les Anglais épaulés par les Français et les pays sous domination anglaise (Nouvelle-Zélande, Australie) débarquèrent en 1915 sur la péninsule de Gallipoli mais furent rapidement ralentis puis repoussés par les vaillantes troupes du Général Atatürk. C’est auréolé de cette victoire qu’Ataturk conquit le pouvoir et fonda les bases de la Turquie moderne.

C’est un grand musée qui fait appel aux nouvelles technologies : lunettes 3D, écran 360°…les enfants s’arrêtent devant les tenues des soldats et déambulent dans une réplique des tranchées. Ils s’étonnent de la propagande des affiches françaises visant à recruter des soldats et nous, du nombre de néo-zélandais et australiens victimes du conflit. Venus en découdre aux côtés des Britanniques et des Français, nous calculons que 14% des hommes australiens de 1915 avaient combattu aux Dardanelles.

Nous complétons la visite en nous rendant au cimetière militaire français surplombant l’entrée de Gallipoli. Au coucher de soleil nous déambulons entre les tombes toutes identiques alignées au millimètre, les Étienne, Marcel, Jules côtoient les Abou, Mohammed et Moussa ; nous rappelant la contribution importante des colonies africaines aux bataillons français. Au final ce fiasco fit 300 000 morts, pour moitié dans chaque camp. En 1916 les armées alliées se retirèrent.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s